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Julien Doré - Bichon |
Sony, 13 titres, 47 mn.
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« Bichon », drôle de nom pour un album...
J'aurais pu prendre Baie des Anges, titre de l'une des chansons. Mais j'avais envie d'un mot joyeux, qui résonne en bouche, qui prête à sourire. C'est à la fois animal et très humain, car affectif.
Trois ans entre ce deuxième album et le précédent. Plutôt long, non ?
Pas avec une tournée de 80 concerts, un film (de Pascal Thomas), la composition d'une B.O. de film, l'écriture d'une chanson pour Sylvie Vartan qui m'a fait plaisir. C'est bien quand des gens qui sont « cash » font appel à vous, à votre écriture. Je suis même parti à Tokyo chanter avec Sylvie Vartan. Cela m'a remis dans les bras de la musique.
On vous a d'abord connu à la télé. Les concerts, c'est un autre monde ?
Il y a un contact tellement direct avec les gens. Ils te voient quand tu transpires. Tu ne peux pas tricher. Personnellement, j'ai besoin de tout donner ainsi. C'est incontrôlable, animal. Et comme le public était là , ça m'a rassuré.
Vous vous êtes bien entouré pour Bichon. À nouveau Arman Méliès, mais aussi Dominique A, Katerine...
Je dois beaucoup à Arman, dont j'adore l'écriture, ses albums, ce qu'il a fait pour Bashung ou Thiéfaine. Dominique A avait pensé à une chanson pour moi. Françoise Hardy (pour un duo), c'est une femme libre. J'aime discuter avec elle. Philippe Katerine m'a envoyé une chanson écrite avec toute saliberté, son décalage, reprise en guitare-voix. Yvette Horner (à l'accordéon), c'est une rencontre magique, surprenante. Elle n'est que musique...
Ce disque est essentiellement composé de chansons d'amour ?
J'ai une héroïne, je parle de ce qu'elle vit. J'aime l'idée d'être un conteur. Mes refrains sont modestes, même dans leur vocabulaire. Mes couplets sont de longs fleuves de mots. Et puis, mes chansons sont aussi des souvenirs.
Des souvenirs avec, sur plusieurs titres, un côté « road movie » ?
J'aime bien la notion de route, d'espace, la voiture qui accompagne le sentiment amoureux, la liberté. La réalité nous rattrape et on bascule... C'est une route, cet album.
Vous écrivez en employant pas mal de noms propres : Golf Bonjovi, Glenn Close, Bergman...
J'ai un côté écriture brute, automatique. Je ne veux donc pas trop d'esthétisme. Je préfère faire confiance à l'instinct. J'aime aussi les mots pour leurs consonances, leur rondeur. Pour m'aider à extirper l'oreille du confort de l'écoute. Ce disque a vraiment été enregistré de manière décomplexée, avec Renaud Létang à la réalisation, dans un esprit « cool », surtout au niveau des voix.