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La question du jour. Justice restaurative : Salah Abdeslam veut rencontrer des victimes des attentats, ça vous choque ?... |
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Dix ans après les attentats de Paris, Salah Abdeslam, seul membre vivant des commandos meurtriers du 13 novembre 2015, a fait savoir par la voix de son avocate qu’il aimerait discuter avec des parties civiles dans une démarche de « justice restaurative » © Hans Lucas via AFP
Dix ans après les attentats de Paris, Salah Abdeslam, seul membre vivant des commandos meurtriers du 13 novembre 2015, a fait savoir par la voix de son avocate qu’il aimerait discuter avec des parties civiles dans une démarche de « justice restaurative ». Est-ce une bonne idée ou est-ce que ça vous choque ?
Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible pour les attentats du 13 novembre 2015, aimerait  ouvrir une porte aux parties civilesÂ
dans une démarche de  justice restaurativeÂ
, fait savoir ce mardi 11Â novembre son avocate.
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 On a une personne qui essaie d’accéder à l’éducation, une personne qui par ailleurs a présenté des excuses aux parties civiles lors de son procès, […] qui aimerait pouvoir expliquer la situation et peut-être discuter, ouvrir une porte aux parties civiles, si toutefois celles-ci le souhaitent, pour pouvoir évoquer la détention et évoquer ce procès-là Â
, a déclaré Me Olivia Ronen sur franceinfo.
 Ça a été exprimé et c’est une demande qui a aussi été faite par certaines parties civiles de pouvoir entrer en contact avec luiÂ
, a-t-elle assuré.
 C’est vraiment des principes de justice restaurative où les personnes mises en cause et les personnes qui ont été victimes des infractions arrivent à dépasser quelque chose pour essayer de viser - je sais qu’on en est encore loin - mais viser un apaisement socialÂ
, a encore expliqué l’avocate.

Salah Abdeslam, seul membre vivant des commandos meurtriers du 13 novembre 2015, a été condamné à la perpétuité incompressible. AFP
Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan et président de l’association Life for Paris, a répondu sur X à Me Ronen que  plusieurs victimes des attentatsÂ
s’intéressaient à la justice restaurative,  ce qui pourrait aboutir comme en Espagne ou en Italie à des rencontres en prison avec votre clientÂ
.
La justice restaurative, qui émerge depuis une dizaine d’années en France, ne se substitue pas à la justice pénale. Les rencontres entre auteurs et victimes d’une même infraction, mais pas de la même affaire, constituent la mesure la plus connue. D’autres dispositifs existent, comme la médiation restaurative, qui associe victime et auteur de la même affaire.
Le seul membre vivant des commandos meurtriers du 13 novembre 2015, incarcéré à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), a été placé la semaine dernière deux fois en garde à vue puis relâché et réintégré en détention, dans une enquête sur la détention d’une clé USB chargée selon le parquet national antiterroriste (Pnat) de documents ayant  trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-QaïdaÂ
. Le Pnat a requis sa  mise en examen ultérieureÂ
.
Cette clé lui a été fournie lors d’une visite au parloir par une ex-compagne, Maëva B., qui a elle été doublement mise en examen et incarcérée. Elle est aussi soupçonnée d’être impliquée dans un projet d’attentat déjoué.
Lundi, la directrice générale de la sécurité intérieure Céline Berthon a affirmé que Salah Abdeslam, toujours  radicaliséÂ
,  n’était pas mis en causeÂ
dans ce projet d’attentat.
La France va commémorer jeudi, au cours d’une journée d’hommage aux victimes, les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui ont fait 132 morts - dont deux suicides de rescapés du Bataclan emportés par de profondes blessures psychiques.
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