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Près d’Angers, les étudiants mènent un chantier école pour restaurer les mares... |
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Une étudiante en génie écologique entretient une mare aux commandes d’une minipelle. © Ouest-France
Les futurs professionnels en génie écologique se forment à la préservation de la biodiversité. Illustration par un chantier d’école dans la réserve naturelle des Basses-Brosses, à Bouchemaine (Maine-et-Loire) gérée par la fédération départementale des chasseurs.
La jussie est une espèce exotique envahissante. Elle colonise les milieux naturels humides. Ils sont dix, quatre femmes et deux hommes de 20 à 49 ans, encadrés par deux formateurs, à travailler à son éradication autour d’un étang de la réserve naturelle régionale des Basses-Brosses, à Bouchemaine (Maine-et-Loire).
Ce sont de futurs professionnels en génie écologique, sept techniciens et trois ouvriers, en formation continue longue au CFPPA (centre de formation professionnelle et de promotion agricoles) Angers-Le Fresne. Le premier semestre est consacré à des chantiers écoles dans le département.
L’arrachage manuel, la mini-pelle et le motobasculeur
Sur le site de la Maison des chasseurs, les étudiants mènent à bien trois ateliers.
Le premier est consacré à la « gestion de la jussie ». « Nous intervenons dans un étang où cette plante prend la place d’espèces protégées comme la gratiole officinale ou l’utriculaire australe, précisent Nicolas Pajot, Chloé Mondon et Thibault Delevaque, trois des étudiants également chargés de la gestion du projet et de sa conformité. Il faut agir avec précaution car elle se dissémine facilement par bouturage. »
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Pour cela, ils utilisent plusieurs méthodes. « Pour s’adapter aux contraintes du site et limiter l’impact sur des terrains humides, nous avons choisi l’arrachage manuel dans des zones peu profondes. Dans d’autres zones, nous avons préféré la minipelle et le motobasculeur pour creuser et bien enlever le système racinaire. »
Dans les zones d’arrachage mécanisé, un filet contient les éléments flottants et des capsules de graines qui sont ensuite capturés à l’épuisette.
Façonner un alignement de petits bancs
Un second atelier porte sur l’entretien des mares. Le typha, une espèce de roseau indigène, peut rapidement coloniser une mare au détriment de plantes moins compétitives. « Pour faire revenir une espèce remarquable disparue, la cicendie fluette, nous avons gratté les berges de certaines mares et recréé des conditions favorables. »
Le troisième atelier est consacré au mobilier bois. Les étudiants fabriquent des pupitres d’information tels qu’on peut les rencontrer sur les sentiers de randonnée. Ils vont également façonner un alignement de petits bancs sur une longue bille de bois à terre.
Ces adultes apprennent leur métier entre septembre 2024 et fin juin 2025. Après les chantiers, le second semestre sera consacré à des formations d’écologie appliquée et des diagnostics faune/flore. L’ensemble du cursus est financé par la Région.
La filière du génie écologique est née il y a une dizaine d’années. Le besoin dans ce domaine est croissant. Un des enjeux majeurs est d’améliorer la qualité des cours d’eau.