|
La question du jour. Vous méfiez-vous des cagnottes en ligne qui se multiplient ?... |
1
Vous méfiez-vous des cagnottes en ligne qui se multiplient ? (photo d’illustration). © ANP via AFP
Une mère de famille et son ex-époux ont été condamnés jeudi à Bordeaux pour escroquerie et blanchiment. La prévenue avait simulé durant neuf ans une leucémie pendant que son mari montait des cagnottes en ligne pour financer ses prétendus traitements.
Elle avait simulé durant neuf ans une leucémie pendant que son mari montait des cagnottes en ligne pour financer ses traitements : une mère de famille et son ex-époux ont été condamnés jeudi à Bordeaux pour escroquerie et blanchiment.
> La question du jour. Vous méfiez-vous des cagnottes en ligne qui se multiplient ?
Le tribunal correctionnel de Bordeaux a prononcé une peine de 12 mois d’emprisonnement, avec sursis probatoire de 3 ans, contre les deux membres du couple, aujourd’hui divorcé, qui a collecté entre 2019 et 2024 près de 82.700 euros grâce à trois cagnottes Leetchi.
> À LIRE AUSSI : Violence, alcool, mineurs… Ce que l’on sait de la fermeture de cette boîte de nuit en Maine-et-Loire
Financer des soins… remboursés
C’est l’agence de biomédecine qui a découvert l’escroquerie quand un influenceur a dopé la visibilité de la dernière collecte pour financer l’achat de cellules souches permettant de traiter cette fausse pathologie, des soins pourtant gratuits en France et  jamais facturés à des patientsÂ
, a-t-elle rappelé.
Selon l’accusation, plus d’un millier de personnes, dont des  personnalitésÂ
, avaient abondé ces cagnottes, utilisées pour divers achats, dont un smartphone et un van ou pour combler des découverts du couple.
Outre la confiscation de ces biens ou la saisie de sommes sur des comptes bancaires, la justice a également condamné les deux ex-conjoints à rembourser une trentaine de personnes constituées parties civiles et à suivre des soins pour la prévenue.
> À LIRE AUSSI : Agression d’un chauffeur de car à Parthenay : la garde à vue du suspect levée
Elle est allée jusqu’à se raser la tête et simulé des convulsions
Cette institutrice de 36 ans avait commencé à simuler la maladie en 2015 lorsque son conjoint était parti faire des études en Espagne, par  peur qu’il ne revienne pas vers elleÂ
.
 En difficultéÂ
après la naissance de ses deux enfants, elle avait simulé des rechutes.  Au lieu d’affronter un obstacle, je mens, c’était plus fort que moiÂ
, a-t-elle avoué à l’audience.
La tête rasée, elle a poursuivi la supercherie, simulant des convulsions et de faux séjours à l’hôpital.
Elle a aussi fait croire que son jeune fils souffrait du lymphome de Hodgkin, pour que l’assistante maternelle lui porte davantage d’attention.
La prévenue, qui avait déjà inventé un faux viol avant ses examens du bac, a expliqué à l’audience avoir agi par  besoin de reconnaissanceÂ
, se nourrissant des  messages de compassionÂ
des cagnottes.  Empêtrée dans ses mensongesÂ
, elle ne  trouvait pas de porte de sortieÂ
jusqu’à l’ électrochocÂ
de sa garde à vue.
Son ex-époux, kinésithérapeute de 37 ans, qui ne l’a jamais accompagnée chez un médecin et n’a pas davantage consulté ses dossiers médicaux, a assuré avoir constitué les cagnottes  en toute bienveillanceÂ
et  en confianceÂ
devant la  maigreurÂ
et les  signes apparents de mauvaise santéÂ
de son épouse.