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La question du jour. Faut-il surtaxer les plats préparés et sodas pour favoriser une alimentation plus saine ?... |
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Une des études analyse les stratégies de grands groupes de l’agroalimentaire, parmi lesquels Coca-Cola. © Archives CO-PO
Un collectif de chercheurs a publié une série d’études pointant du doigt les aliments ultra-transformés, considérant qu’ils représentent une réelle menace pour la santé des consommateurs. Accusant l’industrie agroalimentaire de laisser planer le doute, ils appellent à agir en proposant notamment une taxe sur certains produits.
Coca-Cola, PepsiCo, Danone, Nestlé… Ces piliers de l’agroalimentaire, objets d’études menées par un collectif de chercheurs et publiées mercredi 19 novembre 2025, sont accusés de semer le doute concernant le danger que représentent leurs produits ultra-transformés, qui constitueraient une réelle menace pour la santé de leurs consommateurs. Parmi eux : des sodas, plats préparés, céréales, yaourts, etc. Les scientifiques évoquent en conclusion des taxes sur certains produits.
« Des tactiques dignes de l’industrie du tabac »
Les trois études ont été publiées dans la revue scientifique « The Lancet », dans un contexte d’inquiétudes sanitaires grandissantes autour de ces produits, malgré une connaissance encore floue des processus industriels de création. Car si certains scientifiques s’inquiètent d’une sorte d’alarmisme, d’autres expriment le fait que ces doutes sont instrumentalisés par l’industrie agro-alimentaire, afin de bloquer toute mesure visant à réduire la consommation de ces produits.
En outre, l’un des principaux auteurs des recherches, Chris Van Tulleken a fustigé des industriels qui appliqueraient  des tactiques dignes de l’industrie du tabacÂ
pour décrédibiliser les recherches sur les aliments ultra-transformés.
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Nova : ou comment déterminer quel produit est ultra-transformé
Carlos Monteiro fait partie des principaux chercheurs ayant Å“uvré pour les études. Ce dernier est également créateur du système Nova, qui a pour rôle de déterminer si un aliment est ultra-transformé ou non. Des critiques estiment que sa définition est trop vague, pouvant classer négativement des produits largement considérés comme sains tels que des laits végétaux ou du pain. La nutritionniste Hilda Mulrooney, en poste à l’université Kingston de Londres, admet que  les auteurs de ces études sont biaisés en faveur de Nova puisqu’ils l’ont crééÂ
, tout en reconnaissant qu’ il est largement temps d’agirÂ
face à ces produits.
Des publicités interdites ou des taxes mises en place
La scientifique souligne le risque  disproportionnéÂ
de maladies chroniques frappant les milieux les plus pauvres. Face aux dangers énumérés, les chercheurs évoquent en conclusion des études certaines actions à mettre en place, parmi lesquelles une interdiction de publicités visant les enfants - consommateurs principalement à risques - ou encore des taxes mises en place sur certains produits.
In fine, l’argent récupéré pourrait, selon les chercheurs, financer des programmes facilitant l’accès à des produits frais pour les ménages aux plus faibles revenus.