|
Après un terrible incendie, ce vigneron de Maine-et-Loire renaît avec un « grand vin »... |
1
Alexandre Cady réserve 11 de ses 30 hectares au coteaux du layon. © Camille Archambault.
L’Anjou, terre de vin. Boudé après avoir séduit toute une génération, le coteaux du layon réapparaît sur les tables. À Saint-Aubin-de-Luigné (Maine-et-Loire) le domaine Cady, revenu de loin après un incendie, défend ce vin moelleux emblématique.
Nombre de jeunes adultes aujourd’hui, trentenaires ou quadragénaires, ont découvert le vin avec le coteaux du layon. Fruité, sucré, « facile », pour Alexandre Cady, associé du domaine éponyme.
Ce vin a ainsi connu son apogée dans les années 1990 à 2000, avant d’être boudé. Depuis quelques années, son blason est redoré : « Les ventes sont plutôt bonnes. Et il peut encore être reconnu comme un grand vin », estime le vigneron de Saint-Aubin-de-Luigné.
Lire aussi : Dans ce vignoble historique de Maine-et-Loire, on trouve l’un des meilleurs vins du monde
Sur ses 30 hectares de vigne, il en réserve 11 à cette appellation dont l’unique cépage est le chenin. À l’année, cela représente 20 % des 130 000 bouteilles produites. C’est l’appellation historique du domaine, situé en plein cœur du Layon et de ses paysages caractéristiques : des vignes ondulant sur des coteaux, traversées de haies et de bois. « Une richesse de biodiversité. Je ne m’en lasse pas », sourit l’amoureux de sa terre.
Un terroir unique
La vallée du Layon, humide, offre aux vignerons des brouillards matinaux favorisant l’installation du botrytis cinerea, la pourriture noble. Le sol, « pauvre, contenant de la roche et du quartz », y joue aussi un rôle.
Ajoutant à cela « du soleil et un temps sec », voilà la recette parfaite pour un vin se récoltant tardivement, en octobre. Il révèle alors des notes de coing et de poire « pour le coteaux du layon villages, un délicieux arôme d’ananas avec le coteaux du layon premier cru chaume, plus liquoreux », deux vins produits par le domaine.
Les saveurs de cette boisson d’apéritif, à 14,20 € la bouteille pour la cuvée villages, se marient avec le « foie gras – un classique – mais aussi le fromage bleu, la pâte persillée ou dure comme le comté. En plat, un accord canard-pêche, et en dessert, l’acidulé du citron ».
Lire aussi : « Il veille sur nous » : depuis la mort de son mari, Sylvie produit des vins avec sa fille en Anjou
Pour résumer, avec le coteaux du layon, « il faut oser le sucré-salé ! » Dans la famille Cady, c’est en tout cas comme cela qu’il se consomme depuis des générations.
Des générations, les Cady en comptent quatre dans le domaine. François s’installe en 1927 et produit en polyculture tout en élevant des bêtes.
Son fils Pierre reprend l’héritage, et lorsque Philippe et sa conjointe Sylvie deviennent associés, décision est prise de tout consacrer à la viticulture. Alexandre les rejoint en 2006, « comme une évidence », et le domaine passe en bio en 2011. En sortent sept appellations.
L’incendie de 2021
Parmi elles, le coteaux du layon des Cady a gagné ses lettres de noblesse dans les années 1990, « remportant plusieurs médailles d’or dans la catégorie Sélection de grains nobles ». Une cuvée rare qu’Alexandre va tenter de produire cette année… après plusieurs années d’arrêt, notamment dues à un terrible incendie. « C’était en 2021. Le vin, la vinification, tout l’outil de travail a brûlé. La cause serait due au court-circuit d’un frigo », détaille, sombre, Alexandre.
Un bilan, catastrophique, est de ceux dont on peut ne pas se relever. Des années d’investissement en fumée, 200 000 bouteilles perdues. Restaient les vignes, donc l’espoir. Et une formidable solidarité qui se met en place et permet à Alexandre et sa conjointe Vanessa de rebondir : « On m’a prêté des caves, les clients m’ont soutenu, j’avais une société d’achat-revente de vins. Et puis les assurances sont là bien sûr. »
Dans quelques mois devrait s’achever la construction du nouveau chai au clos du Moulin de Sainte-Catherine, à Rochefort-sur-Loire. Les cuves fonctionnent depuis 2023. L’accueil et la salle de séminaire vont compléter un nouveau bâtiment donnant sur un paysage s’étendant jusqu’à la Loire.
Cette nouvelle page pour les Cady résonne avec celle du coteaux du layon, appellation un temps sous-estimée mais qui prouve, année après année, qu’elle a toute sa place sur les plus belles tables.