|
« Produits toxiques » et « concurrence déloyale » : Plus de 80 députés réclament « l’interdiction de Shein » en France... |
1
À Paris, Shein a trouvé sa place dans les rayons du au BHV. En attendant de s’implanter en province. © Photo AFP
Plus de 80 députés, emmenés par la présidente de la commission du Développement durable de l’Assemblée, Sandrine Le Feur (EPR), réclament « l’interdiction de Shein sur le territoire français » pour « protéger les travailleurs, la santé publique et la planète », dans un texte publié dans La Tribune Dimanche.
C’est une nouvelle action très forte contre Shein dans le pays. Avec l’installation début novembre de la marque asiatique au BHV, grand magasin parisien,  ce n’est pas la mode qui se démocratise, c’est Shein qui se dédiaboliseÂ
, plaident 83 parlementaires, parmi lesquels de nombreux députés Ensemble pour la République, aux côtés entre autres de Marie-Noëlle Battistel (PS), Anne-Cécile Violland (Horizons), Josiane Corneloup (LR) ou encore Erwan Balanant (MoDem). Tous ont ainsi co-signé un texte publié dans La Tribune Dimanche.
Pour rappel, l’enseigne doit également faire son arrivée prochainement en province, dans plusieurs villes de France, dont Angers (Maine-et-Loire). La date initiale, prévue le 18 novembre dernier, ayant été décalée pour 2026. Sans être encore précisée, pour l’heure. Ce qui est sûr, c’est que le grand magasin Galeries Lafayette, devenu le BHV et implanté place du Ralliement, se prépare en coulisses pour accueillir l’arrivée du géant chinois de la fast-fashion. Parmi les signataires, deux sont issus du Maine-et-Loire : il s’agit de la Saumuroise Laetitia Saint-Paul (Horizons, 4e circonscription) et de Nicole Dubré-Chirat (Renaissance, 6e circonscription).
> À LIRE AUSSI | Des Nouvelles Galeries à l’arrivée de Shein : 124 ans d’histoire des Galeries Lafayette à Angers
Les dirigeants de Shein convoqués
 Le visage le plus brutal de la fast fashion […] s’offre une respectabilité de façadeÂ
, mais cela ne peut  masquer l’envers du décor alors qu’il détruit la planète, nos emplois et la santé des consommateursÂ
, jugent les signataires.  Une mesure s’impose : l’interdiction de Shein sur le territoire françaisÂ
, assurent-ils, accusant notamment le géant de la mode ultra-éphémère de  concurrence déloyaleÂ
ou encore d’inonder le marché de  produits toxiquesÂ
.  Puisque le débat ne peut plus se contenter d’indignation, la commission du développement durable de l’Assemblée nationale a convoqué les dirigeants de Shein pour enfin les entendre sur leurs pratiquesÂ
, rappellent les députés.  Une audition qu’ils avaient tenté d’esquiverÂ
, lancent-ils. Initialement prévue le 26 novembre, cette convocation a été décalée au 2 décembre, la plateforme d’e-commerce ayant expliqué ne pas être en mesure d’honorer le premier rendez-vous en raison d’une audience judiciaire le même jour.
> À LIRE AUSSI | L’enseigne Galeries Lafayette décrochée à Angers, en attendant le BHV et l’arrivée de Shein
Déjà 191 millions d’euros d’amendes pour Shein en France
Dans le viseur du gouvernement, la plateforme est convoquée mercredi matin devant le tribunal judiciaire de Paris, qui devra statuer sur la suspension du site en France après la découverte de la vente de poupées sexuelles d’apparence enfantine et d’armes de catégorie A. Shein avait déjà décliné une audition le 18 novembre devant la mission d’information sur les contrôles des produits importés en France, évoquant cette échéance judiciaire. Par ailleurs, une proposition de résolution européenne a été déposée cette semaine à l’Assemblée par des députés de tous bords - exceptés les groupes LFI, RN et UDR - réclamant plus de fermeté envers certaines plateformes. Elle sera examinée mercredi.
Shein a déjà écopé cette année en France de trois amendes d’un total de 191 millions d’euros, notamment pour fausses promotions et informations trompeuses.