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« On s’est retrouvé avec 15 cm d’eau » : en Anjou, des commerçants touchés par les inondations... |
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Mardi 28 janvier, la crue de l’Oudon avait touché une quarantaine de maisons de Segré-en-Anjou Bleu dont une grande partie dans le quartier de Saint-Aubin-du-Pavoil. © Ouest-France / Thierry Huguenin
Depuis le lundi 27 janvier 2025, la commune de Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire) fait face à une nouvelle crue de l’Oudon. Si celle-ci n’a rien d’exceptionnelle, elle n’en affecte pas le moins le quotidien d’une partie des habitants dont les maisons sont touchées et de quelques commerçants. Le niveau de l’eau devrait encore grimper dans la journée de mercredi et la décrue s’annonce lente.
Comme de coutume, à Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire), la crue de l’Oudon a d’abord touché le quartier de Saint-Aubin-du-Pavoil, lundi 27 janvier. Mais la rapide montée des eaux en début de nuit a eu raison d’une partie du centre-ville de Segré. Mardi matin, plusieurs commerçants de la rue Victor-Hugo ont découvert leur étage inférieur rempli d’eau.
Parmi eux, Cécile Prieur qui y a ouvert son concept store dédié aux femmes en novembre 2022, Poudre & jupons. « J’ai 15 cm d’eau sur 150 m², déplore-t-elle. C’est toute la partie institut de beauté, il y avait cinq cabines de soins. On a dû annuler tous les rendez-vous, on ne sait pas quand on pourra tout rouvrir. En attendant, on s’organise, ma formidable équipe va créer une cabine de soins dans la partie prêt-à -porter, un petit écrin pour que les clientes soient à l’aise. »

La partie institut de beauté de Poudre & jupons, en centre-ville de Segré, a été envahie par 15 cm d’eau dans la nuit de lundi à mardi. Ouest-France
À côté de chez elles, d’autres commerçants ont été touchés. Sur sa porte d’entrée, le restaurateur Chez Sam indique que l’établissement est fermé jusqu’à nouvel ordre. Un peu plus loin, Sylvie Estenoza (Chouette Môme) a également perdu un peu de matériel stocké au sous-sol. « Mais ce n’est rien par rapport à Cécile », relativise-t-elle. Ni par rapport à tout ce qu’elle a, elle-même, vécu en mai 2024, son magasin étant la proie d’un incendie.

La Verzée est, elle aussi, sortie de son lit, obligeant les services techniques de Segré-en-Anjou Bleu à créer des passages sur parpaings. Ouest-France / Thierry Huguenin
Une quarantaine de maisons touchées
Plusieurs rues ont été fermées, quelques personnes ont dû être évacuées de leur domicile. « Au total, sur Segré, nous avons une quarantaine de maisons touchées, comptabilise Bruno Chauvin, le maire délégué. Dont une grande partie à Saint-Aubin-du-Pavoil. Nous avions des propositions de relogement mais toutes ont trouvé des solutions dans leur entourage, famille ou amis voire voisins. Il y a une grosse solidarité. »
Le préfet Philippe Chopin a pu le mesurer. En début d’après-midi, il a d’abord parcouru les rues inondées de Saint-Aubin, à bord d’une barque, avant de se rendre sur le port de Segré puis de filer au Lion-d’Angers. « Il y a une grande résilience », a-t-il apprécié. Des propos corroborés par Geneviève Coquereau, maire de Segré-en-Anjou Bleu : « Les gens sont rompus à l’exercice, ils savent ce qu’ils ont à faire. Après, on ne sait jamais jusqu’où l’eau va monter. Là , il y a 10 à 20 cm dans les maisons, en 1995, il y en avait un mètre voire 1,40 m dans certaines. »

Le préfet de Maine-et-Loire Philippe Chopin est venu apporter son soutien aux sinistrés, à Segré et Le Lion-d'Angers. Ouest-France
Vers une décrue très lente
Entre-temps, l’impact des crues a été atténué par les travaux menés durant la première décennie 2000 par le syndicat de bassin de l’Oudon (SBO) via la création de bassins de rétention. « On est loin des grandes crues mais dans tous les cas, c’est extrêmement préjudiciable pour les habitants concernés », soulignent Geneviève Coquereau et Gilles Grimaud, président du SBO.

Dans la campagne autour de Segré, des habitations se retrouvent isolées, cernées par la crue de l’Oudon. Ouest-France / Thierry Huguenin
Désormais, chacun a un œil vers le ciel. Les prévisions à court terme ne sont guère encourageantes, des précipitations étant annoncées. La décrue pourrait débuter en fin de semaine mais devrait être très lente, les terres étant saturées d’eau.