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« Il n’y a plus de honte à acheter de la seconde main » : en Maine-et-Loire, ce marché anti-gaspi a beaucoup séduit... |
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Le groupe de voisins venus de Cantenay-Épinard, très satisfaits de leurs trouvailles. © Ouest-France
Aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), les Galeries recyclettes ont, comme chaque année, accueilli plus de 5 500 visiteurs dimanche 7 décembre 2025. Leur motivation : les prix modiques, mais aussi le souci de plus en plus partagé de ne plus gaspiller.
Aux Galeries recyclettes des Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), tout est recyclé ou presque. Les draps deviennent des robes, les fermetures à glissières des bracelets, les canettes de bière des boucles d’oreilles et le papier des livres se transforme en bocaux à confiture.
« Je trouve ça super »
Des associations ont même présenté l’utilisation de l’urine humaine comme engrais agricole, et étape ultime, le procédé de terramation,  une alternative funéraire régénérativeÂ
où le corps humain est directement décomposé en humus.
Lire aussi : Contre la surconsommation, une association près d’Angers organise les Galeries recyclettes
Organisée par l’Iresa (Inter réseau de l’économie sociale et solidaire) de l’Anjou, la 9e édition a, dimanche 7 décembre, salle Athlétis aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire), réuni 40 exposants, recycleries et créateurs avec un mot d’ordre : la lutte contre le gaspillage.
 Je trouve ça super bien. Je donne beaucoup de choses à la ressourcerie des Biscottes (aux Ponts-de-Cé)Â
, dit Françoise. Elle est repartie avec un ciré à 10 € pour son fils, qui  ne veut plus de choses neuvesÂ
, et un gros baigneur pour son petit-fils, acheté 8 €.
« On ne voulait pas prendre la place des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter du neuf »
Bernard et Anne ont trouvé l’ordinateur portable dont ils avaient besoin. Jean-François et Brigitte, de Cantenay-Épinard, venaient eux pour la première fois, accompagnés de voisins. Bilan de leur matinée : bouilloire, sac à main, serviettes de table brodées, verres à vin d’Anjou, cafetière, bassines en cuivre et jeux.  Avant, confient-ils, on ne voulait pas aller à Envie Anjou (magasin solidaire d’électroménager à Beaucouzé) pour ne pas prendre la place des gens qui n’ont pas les moyens de s’acheter du neuf. Maintenant, on va chez Emmaüs, même si on a des bons revenus, parce que le principe du recyclage, c’est bien.Â
Un public de plus en plus « sensible » au recyclage
Christine, Ponts-de-Céaise venue faire un tour  pour l’état d’espritÂ
, abonde :  Il n’y a plus de honte à acheter de la seconde mainÂ
. Quant à François, qui fabrique des cuisines et se désole de passer [son] temps à jeter des choses qui fonctionnent encoreÂ
, il est venu  rencontrer des organismes, des alternatives qui marchent et qui sont abordables.Â
Comme la Scop Matière grise, qui travaille à récupérer les matériaux du bâtiment.  Depuis un an, les gens s’intéressent de façon plus approfondie, témoigne le représentant de la société. En quatre ans, on a doublé le nombre d’inscrits à notre newsletter.Â
Anne Gahery, fondatrice de la microentreprise Batifol’ies, qui crée des bijoux et des décors, ajoute :  Les gens sont sensibles à la notion du recyclage. J’ai débuté ici avec deux petites tables, maintenant, je suis dans deux boutiques.Â
Comme chaque année, plus de 5 500 personnes sont venues aux Recyclettes. Judit Borbely, organisatrice de l’événement à l’Iresa, note  une grande mixitéÂ
de participants, avec  des collectionneurs, des familles, des sympathisants, et de plus en plus de jeunesÂ
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