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Trélazé. « Regarder la vie avec une joie de vivre »... |
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Katherine Roumanoff devant son tableau intitulé « L’oiseau et le vent » de 2025 ; « Ici, l’oiseau est la métaphore d’un évènement, d’une idée qui émerge, qui bouleverse l’état intérieur de cette femme », dit-elle. © CO
Entretien
L’artiste plasticienne ligérienne, Katherine Roumanoff déploie son parcours artistique à l’espace d’Art des Anciennes Écuries de Trélazé jusqu’au 1er mars. Tout au long de cette quinzaine, le public pourra admirer ses portraits textiles, ses installations artistiques, ainsi qu’un mini-atelier de travail où elle dialoguera autour de ses œuvres.
Quel est votre parcours artistique ?
Katherine Roumanoff : « J’ai toujours été intéressée par le tissu, les couleurs et les motifs, avec une imagination assez débordante. Mes parents importaient des vêtements indiens aux couleurs et motifs explosifs et une nature exubérante et stylisée. Ce fut le point de départ de mon imaginaire. Après mon école de design, je suis passée par les studios de Jean-Charles de Castelbajac, créateur au regard heureux et naïf. Regarder la vie avec une joie de vivre me semble essentiel. Puis, j’ai beaucoup travaillé comme styliste pour la petite enfance. J’ai signé des collections textiles pour les tout-petits. Cette série diffusée à partir de mes dessins d’enfant remonte à 20 ans. J’ai aussi travaillé sur des costumes de théâtre avec des personnages intemporels de Molière ou Shakespeare. »
Et vos inspirations ?
« Elles sont multiples. J’ai découvert de magnifiques étoffes en réalisant mes costumes de théâtre. Il me restait des chutes de tissu, des matières incroyables avec des éclats de lumière, et ainsi j’ai réalisé mes premiers portraits de textiles collés. L’hypnose est une autre source d’inspiration de mon travail artistique. J’écris des livres et enseigne toujours sur l’hypnose. Je m’intéresse à l’inconscient avec des portraits déconstruits que je signe « War » comme la guerre intérieure. »
Qu’exposez-vous sur les 1 200 m² du musée ?
« D’abord un espace sur les doudous racontant des histoires, issus de mon travail antérieur. Mon jardin intérieur de portraits, avec sûrement beaucoup d’autoportraits ! Un espace est dédié à la nouveauté 2025 consacrant des portraits textiles mis sous vide pour être écrasés, aspirés, symbole de l’oppression de la femme. J’y retire le souffle et la vie. Dans une deuxième série de portraits de femmes, je leur offre la résilience en les libérant. Mes toiles-sculptures prennent la forme de portraits contemporains construits de matériaux délaissés et présentant un plan métaphorique déformé par les émotions. »
Et pour 2026 ?
« 2026 sera consacrée à des installations géantes extérieures qui seront des doudous pour notre nature. »