Interview. Laure Manel et son dernier livre « Les Dominos de la vie »... |
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Interview. Laure Manel et son dernier livre « Les Dominos de la vie »
Ancienne enseignante, Laure Manel est désormais écrivain à temps plein et publie régulièrement de nouveaux romans, le dernier est sorti en avril. Présentation.
En quelques années seulement, vous avez sorti presque une dizaine d’ouvrages. Peut-on revenir sur votre parcours et la naissance de votre envie d’écriture alors que vous étiez alors enseignante ?
Mon envie d’écrire remonte à très loin, puisque j’écrivais déjà au début de mon adolescence, « en loisir », pour moi seule. Pendant une quinzaine d’années, je n’ai plus écrit (de fiction), et c’est en effet revenu, en 2010, petit à petit. En 2014, j’ai achevé l’écriture d’un roman (Histoire d’@), que j’ai autoédité sur la plateforme Kindle. Et c’est mon troisième roman, La délicatesse du homard, qui a tout changé. On est alors à la fin de l’année 2016 et plusieurs éditeurs viennent vers moi pour me proposer un contrat. J’ai quitté l’enseignement l’été 2018 et depuis je me consacre à l’écriture.
Quelles sont vos sources d’inspiration au quotidien ?
C’est la vie qui m’inspire, ce que vivent les gens, ce qu’on peut tous vivre… La vie, avec ses hauts et ses bas, ses bonheurs, ses épreuves… Je m’inspire du réel et j’essaie de rendre mes romans réalistes, justement. C’est sans doute pour cela que les lecteurs se reconnaissent dans mes personnages et dans mes histoires.
Comment procédez-vous pour écrire et vous renouveler à chaque ouvrage ?
C’est assez instinctif. Je pars d’une idée, d’une thématique, d’un questionnement… Je les laisse s’installer. Je réfléchis à mes personnages, aux lieux, à la structure (j’établis un plan, ou pas, cela dépend des romans). Je veille à trouver le mode de narration qui «collera » le mieux avec l’histoire que je vais raconter. Je fais des recherches… Je me mets à écrire quand je sais où je vais (au moins dans les grandes lignes). Au début, j’avais un cadre précis (la liste de mes scènes) ; maintenant, je me laisse plus facilement porter par mon intrigue.
Ya-t-il un peu de vécu, un peu de vous-même dans chacun de vos livres ?
Un peu, certainement, plus ou moins consciemment. Et plus ou moins, selon les romans.
Pour «Les Dominos de la vie», votre ouvrage sorti en avril dernier, vous abordez le point de vue d’une trentenaire mariée avec un jeune enfant et dont la santé va bousculer toute sa vie et ses attentes construites depuis des années. Cela a-t-il fait un écho à votre vie ou à des questions que vous avez pu vous poser un jour en tant que femme ?
Ce roman-là est particulier pour moi, il a une place à part dans ma bibliographie. C’est en effet le plus autobiographique (par certains aspects), même si la vie d’Amélie n’est pas la mienne. Comme elle, j’ai vécu une épreuve qui m’a fait voir l’existence autrement.
On y aborde également un sujet assez tabou que sont les violences médicales et l’absence d’empathie et d’écoute d’un médecin envers l’héroïne durant son accouchement par le biais de rétrospectives. En quoi ce sujet était délicat à évoquer et pourquoi vous tenait-il à coeur de le faire ?
C’est un sujet délicat mais important. Il faut en parler pour que les pratiques évoluent. Ayant été victime moi-même, il m’a semblé que j’étais légitime pour en parler à travers ce roman… même si ça n’est pas le sujet central du livre ni le message que je voulais transmettre en premier. Je souhaitais avant tout parler de l’après-maladie, de la reconstruction, de la crise existentielle qu’on peut traverser.
Cet ouvrage pose aussi la question des relations humaines et sentimentales après une séparation, ce sentiment d’être rouillé, de ne plus savoir s’y prendre avec le sexe convoité etc. Pensez-vous qu’à l’ère du numérique et des applications de rencontres, ce sentiment s’exacerbe ?
Je ne sais pas. Cela a un côté « facilitant », puisqu’on est d’abord derrière un écran. Ce qui est sûr, c’est que quand on se retrouve célibataire après une longue vie de couple, on a l’impression d’être débutant en matière de séduction et on peut être dérouté par certains comportements. Il faut « réapprendre ».
Dans vos livres, on trouve une trame commune que sont les relations humaines. En quoi celles-ci vous animent-elles ou vous fascinent ?
Oui, les relations humaines (au sein du couple, de la famille, en amitié…) m’intéressent beaucoup. Elles sont au centre de notre existence. On est issu d’un groupe familial, on rencontre des gens, on crée des liens avec certains. Il y a des relations bienfaisantes, d’autres plus complexes, voire toxiques… Les autres font partie de nous. Et il y a beaucoup à dire…
Travaillez-vous sur un nouvel ouvrage ? Si oui, quand sortira-t-il et de quoi sera-t-il question ?
Oui, il sortira en avril prochain, toujours chez Michel Lafon. Il sera question d’un secret de famille.
Les dominos de la vie
18,95 euros
