Accueil Info Info en continu Ils chouchoutent les vélotafeurs : les frères Moreau, Jeunes créateurs de l’année en Maine-et-Loire

Ils chouchoutent les vélotafeurs : les frères Moreau, Jeunes créateurs de l’année en Maine-et-Loire

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photo  angers, vendredi 17 octobre 2025. à l’atelier ou en itinérance, luigi et kévin moreau réparent les vélos et trottinettes des vélotafeurs.  ©  co - josselin clair 2

Angers, vendredi 17 octobre 2025. À l’atelier ou en itinérance, Luigi et Kévin Moreau réparent les vélos et trottinettes des vélotafeurs. © CO - Josselin CLAIR

TROPHÉES DE L’ÉCONOMIE DU COURRIER DE L’OUEST. À 33 et 29 ans, Kévin et Luigi Moreau ont créé à Angers en janvier 2025 leur atelier de réparation de vélos et trottinettes, Cobi. Sur place ou à domicile, ils veulent favoriser les mobilités douces en facilitant le quotidien des vélotafeurs. Ils sont les « Jeunes créateurs de l’année ».

Derrière son comptoir, polo rouge et sourire chaleureux, Luigi Moreau, 29 ans, salue le trottinettiste qui vient de passer la porte, bien emmitouflé en ce frais matin d’octobre. Ce dernier est très embêté : le pneu de son engin électrique a crevé et il en a  absolument besoin  pour se rendre à son travail l’après-midi même dans la périphérie angevine.  Pas de problème, ce sera fait , assure Luigi, tandis que son frère Kévin, 33 ans, reste concentré sur la réparation d’un dérailleur abîmé. Dépanner au plus vite tous les citadins qui font le choix de se passer de voiture, c’est la mission que se sont donnée les deux frangins en créant leur atelier de réparation de vélos et trottinettes, Cobi, en janvier 2025 à Angers.

 Notre objectif c’est de favoriser la mobilité douce en facilitant le quotidien des vélotafeurs (personnes qui vont travailler à vélo, N.D.L.R.). Qu’ils sachent qu’en cas de pépin, ils ont quelqu’un sur qui compter , explique Luigi. Toute l’originalité du concept réside dans le vélo-cargo qui trône devant la vitrine de l’atelier, rue Pocquet-de-Livonnières. Dans sa remorque rouge vif sont embarqués extracteur de manivelle, dévoileur de disque et fouet à chaîne, prêts à intervenir au plus vite dans un rayon de cinq kilomètres alentour. Pratique pour réparer, notamment, d’autres vélos-cargos difficiles à déplacer en cas de panne.

« Au début, il y avait un peu d’inconscience de notre part »

 Pendant nos deux premiers mois d’activité, on ne travaillait qu’en itinérance , rappelle Luigi.  Plusieurs articles dans la presse locale nous ont rapidement amené de la visibilité et nous avons commencé à avoir beaucoup de rendez-vous.  En mars, l’ouverture de leur local dans le centre piéton de la ville a fini de faire décoller l’activité.  Ça a donné encore plus confiance aux clients. Beaucoup nous disent qu’un service comme le nôtre manquait dans l’hypercentre , rapporte le cadet de la fratrie. Aujourd’hui, 70 % des réparations ont lieu dans l’atelier, où les vélos remis en état trônent sous la cheminée en tuffeau et les poutres anciennes.

Là, les frères proposent aussi de la vente d’accessoires (housses de selles, kits de réparation, cadenas…) et de cycles d’occasion, ainsi que l’électrification de vélos musculaires, moyennant 600 à 1 250 €.  C’est un service très intéressant car c’est deux fois moins cher qu’un vélo à assistance électrique et on ne consomme pas de matières pour le fabriquer , avance Luigi. Toutes ces démarches vertueuses ont valu aux Moreau d’obtenir un des cinq Trophées Initiatives économie circulaire, décernés par Angers Loire Métropole en février pour récompenser des professionnels engagés.

photo angers, vendredi 17 octobre 2025. luigi et kévin moreau réalisent désormais 70 % des réparations dans leur atelier.  ©  co - josselin clair

Angers, vendredi 17 octobre 2025. Luigi et Kévin Moreau réalisent désormais 70 % des réparations dans leur atelier. CO - Josselin CLAIR

Si l’ambition de Cobi n’a pas varié d’un iota depuis l’origine du projet, sa forme, elle, n’a plus grand-chose à voir avec l’idée initiale.  Au début, on voulait créer un lieu mêlant café et réparation , relate Luigi Moreau. Un  Coffee-bike , d’où le nom Cobi.  On avait le local, le maître d’œuvre avait tout préparé, on était en marche. Mais une banque a tout stoppé , ajoute Kévin.  Ça aurait été engager beaucoup d’argent pour en dégager moins au final. C’était utopique. Je pense qu’il y avait un peu d’inconscience de notre part .  Il faut dire que les deux frères, issus d’une famille d’entrepreneurs, cultivent le goût du risque depuis leur enfance.

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Développer une clientèle de professionnels

Leurs grands-parents tenaient un magasin de prêt-à-porter de cérémonie à Saint-Florent-le-Vieil, reprise ensuite par leur mère.  Nos oncles et tantes ont également tous leur entreprise, ça a favorisé notre envie d’entreprendre à notre tour , pose Luigi. Titulaire d’un BEP cycles et moto, Kévin a voulu se lancer le premier après le Covid, en essayant de reprendre un site de location de vélos en bord de mer. De son côté, fort d’un master en ingénierie et ergonomie du sport, et après plusieurs années dans la conception de produits chez Décathlon, Luigi caressait l’idée de créer sa propre selle de vélo de manière indépendante. Aucun des deux projets n’a finalement vu le jour.

Mais pour chacun, entreprendre dans le monde du vélo restait une évidence.  Le vélo, c’est notre seul moyen de transport. Il a tous les bénéfices : pour l’environnement, l’accessibilité, la santé… , liste Luigi. Les planètes ont fini par s’aligner et, neuf mois après la création de Cobi, les frères associés se disent  hyper contents  d’avoir osé. Et maintenant ? Le développement d’une clientèle professionnelle leur ouvre déjà de nouveaux horizons :  On commence à se déplacer dans les entreprises pour entretenir les vélos des salariés. C’est très apprécié . Mais une inconnue reste à lever : l’activité se maintiendra-t-elle durant la mauvaise saison ?  C’est notre grande crainte , confie Kévin, avant de nous donner rendez-vous au printemps.

 
Chloé BOSSARD    Courrier de l'Ouest  

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