|
Enluminure, manuscrits, reliquaire… Ces objets précieux retracent l’histoire de l’abbaye du Ronceray à Angers... |
1
Trois sourires, celui de l’historienne d’art Bénédicte Fillion-Braguet (à gauche), celui de Stéphanie Vitard-Gibiat, responsable du patrimoine d’Angers (à droite), et, au milieu, celui de Marie-Anne-Louise Bensunce de Castelmoron, abbesse puissante de l’abbaye du Ronceray de 1709 à  1742. © Ouest-France
Au Repaire urbain, à Angers (Maine-et-Loire), l’exposition « Mémoires de femmes, mémoires de pierres », relève le défi de raconter les 1 000 ans d’histoire de l’abbaye, fondation féminine qui a créé le quartier de la Doutre.
Le lieu est souvent dédié à la mise en valeur de l’art contemporain. Mais jusqu’en septembre 2026, les visiteurs qui vont pousser la porte du Repaire urbain (RU), à Angers (Maine-et-Loire) vont y découvrir une enluminure du XVIe siècle, des manuscrits parcheminés, une dalle funéraire médiévale, un reliquaire du XVe, la châsse ayant contenu la statue de la Vierge du Ronceray jusqu’à ce qu’elle soit volée, en 1977, sans oublier des cendriers fabriqués par les étudiants des arts et métiers…
Lire aussi : Cette abbaye bientôt millénaire est un véritable joyau de Maine-et-Loire
Tous ces objets et documents précieux, reliés à l’abbaye du Ronceray et aux moniales qui y ont vécu, sont regroupés dans l’exposition « L’abbaye du Ronceray, mémoires de femmes, mémoires de pierres », visible jusqu’au dimanche 20 septembre 2026.
Six ans de rénovation
« En 2020, la Ville a décidé de rénover l’église abbatiale du Ronceray. Les travaux vont se terminer cette année, explique Stéphanie Vitard-Gibrat, directrice du Repaire urbain et responsable du Patrimoine de la ville d’Angers. Pour donner du sens à cette rénovation et que les Angevins comprennent l’importance de l’abbaye, qui est remarquable par son architecture et par sa fondation, on a pensé que le meilleur moyen était de révéler les objets et documents conservés, car beaucoup ont été détruits à la Révolution. »
« C’était une fondation de femmes »
La directrice du RU associe l’historienne d’art Bénédicte Fillion-Braguet aux recherches. Une historienne intarissable, passionnée par le sujet. « Les multiples études et les travaux effectués ont enrichi nos connaissances sur le bâtiment et même sur la fondation. On a un parchemin enroulé où apparaît l’acte de fondation. En 1028, l’abbaye n’a pas été fondée par Foulques Nerra mais par sa femme, Hildegarde. C’était une fondation de femmes, souligne-t-elle. Ça donne une nouvelle image des moniales, différente de celles de Fontevraud. Elles appartenaient au même ordre, celui de Saint-Benoît, mais au Ronceray, elles n’étaient pas soumises à la stricte clôture. Elles pouvaient s’occuper de leurs prieurés, sortir, recevoir leurs familles. »
Outre l’histoire des religieuses, l’exposition, dont il faut relever la belle scénographie aux tons chauds, évoque aussi celle, non moins intéressante, des bâtiments, entre transformations voulues par les abbesses, abandon, décrépitude, puis rénovation.
Jusqu’au dimanche 20 septembre, 35, boulevard du Roi-René, à Angers. Du mardi au samedi, de 14 h à 18 h. Le RU propose une visite médiatisée par mois, sans réservation. Renseignement par tél. 02 41 05 59 65 et par courriel à angers.patrimoine@ville-angers.fr