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Avec « Mitterrand confidentiel », France 2 porte à l’écran la saga Mitterrand avec brio... |
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Denis Podalydès (au centre) est François Mitterrand pour France 2. © ©Thierry Valletoux - Mother Production - France Télévisions
Trente ans après la mort de l’ancien président, une mini-série avec Denis Podalydès, Valérie Karsenti et Judith Chemla, dévoile ses multiples visages, entre ombres et lumières. À voir ce lundi 5 janvier 2026 sur France 2.
En 2011, il avait incarné Nicolas Sarkozy dans La Conquête de Xavier Durringer. Dans cette mini-série, c’est à François Mitterrand que Denis Podalydès prête ses traits, trente ans après sa disparition. « En 1981, j’avais 18 ans, c’était mon premier vote et je croyais totalement à une France socialiste », se souvient le sociétaire de la Comédie française. « Mais ce n’est pas en tant qu’électeur que j’interprète François Mitterrand ou Nicolas Sarkozy, mais en tant qu’acteur. » Pour s’approprier le rôle, le comédien s’est plongé dans les archives, notamment les discours et les lettres de l’ancien président à sa maîtresse Anne. « J’ai tout lu et ça a été une révélation, sa capacité d’amour et sa capacité d’écrire cet amour », confie-t-il.
Des qualités méconnues qui reprennent chair grâce à la série. « Le personnage est en train de quitter l’actualité pour basculer dans l’histoire », souligne le scénariste Stéphane Pannetier. « C’est le bon moment pour raconter ce qu’il fut réellement. » Le récit est construit autour de quatre épisodes clés de sa vie politique et intime, depuis son évasion du Stalag dans les années 1940 jusqu’à sa disparition en 1996. « Dans une série historique, il faut essayer de trouver le propos qui universalise », rappelle le co-producteur Aurélien Larger. « Les brûlures de la fin – N.D.L.R. : la sortie du livre de Pierre Péan, les révélations sur son amitié avec Bousquet, la division de la gauche – ont été très marquantes pour toute une génération. Et ça nous permettait d’aborder ses différents aspects plus florentins sans prendre parti pour ou contre. »
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Raconter sans héroïser
La série raconte l’histoire de François Mitterrand de son point de vue à lui mais aussi à travers le regard des deux femmes qui ont partagé sa vie : Anne Pingeot, la femme cachée avec qui il a eu une liaison et une fille, Mazarine, et qui était caractérisée par « le cristal de voix, son intelligence, son humour, son regard acéré sur les choses », énumère Judith Chemla qui l’incarne. Et, bien sûr, Danielle Gouze, son épouse, jouée par Valérie Karsenti. « J’étais heureuse d’incarner cette femme et de montrer qu’elle n’était pas qu’une femme abandonnée ou une emmerdeuse qui poussait à gauche tout le temps, confie cette dernière. C’était une femme puissante, intelligente. Oui, il y avait l’obligation de représenter quelque chose pour la carrière de Mitterrand mais derrière ça, il y avait quand même une grande liberté, une grande tolérance, ce qui est assez rare et je trouve que c’est beau. »
La dernière scène qui réunit les deux femmes pour les funérailles de Mitterrand illustre avec subtilité le rôle clé qu’elles ont joué, chacune à leur manière, aux côtés de l’ancien chef d’État. Du vichysme à la Résistance, de l’élection de 1981 à l’affaire des écoutes, la série éclaire les différentes facettes de l’ancien chef d’État sans chercher à en faire un héros. On ne peut que saluer la partition proposée par Baptiste Carrion-Weiss et Denis Podalydès, les deux incarnations de Mitterrand jeune et vieux, aussi convaincantes l’une que l’autre.
France 2 , 21 h 10.