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Alerte neige-verglas : votre employeur peut-il vous obliger à aller travailler ?... |
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Mûrs-Erigné, mardi 6 janvier 2026. Le risque de verglas rend la circulation dangereuse. © CO - Laurent COMBET
Près d’une dizaine de centimètres par endroits. Les premières chutes de neige de 2026 ont recouvert le nord-ouest du pays.
Accidents, pertes de contrôle, remorque au fossé, perte d’adhérence, circulation difficile… Ce mardi 6 janvier au matin, le trafic est fortement perturbé dans les régions où la neige a recouvert les axes routiers, malgré les opérations de salage menées préventivement. Vous travaillez aujourd’hui mais préférez rester chez vous par mesure de sécurité, en avez-vous le droit ? Votre employeur peut-il vous contraindre à vous rendre sur votre lieu de travail ? Si vous vous absentez, serez-vous rémunéré(e) ?
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Le Courrier de l’Ouest vous répond :
Météo France avait placé 26 départements, principalement situés dans le quart nord-ouest du pays, en vigilance orange lundi 5 janvier et mardi 6 janvier au matin en raison d’importantes chutes de neige et du fort risque de verglas. La préfecture de Maine-et-Loire avait même incité à limiter les déplacements au strict nécessaire et à privilégier autant que possible le télétravail.
?? Vigilance orange neige-verglas dès 18h en Maine-et-Loire (jusqu’au 6/01 matin)
— Préfet de Maine-et-Loire ???????? (@Prefet49) January 5, 2026
2 à 5 cm, localement 10 cm, -4 à -7°C ;
Poids lourd interdits, transports scolaires suspendus à partir de demain matin ;
Limitez déplacements. pic.twitter.com/3eWSHN4yRD
La neige peut constituer un cas de force majeure et donc un motif d’absence, de retard ou de télétravail légitime si les routes sont impraticables et les transports interrompus. Il ne s’agit alors pas d’une faute, à ce titre, une absence, un retard ou une journée de télétravail ne peut être sanctionnée à condition de respecter le principe de bonne foi et de prévenir sa hiérarchie.  L’absence non indiquée à l’employeur peut faire l’objet d’un avertissement ou d’une mise à pied, précise Me Léonor Gautier-Péronnet, avocate spécialiste du droit du travail. Le télétravail décrété sans commun accord peut être sanctionné par un avertissement, tout au plus.Â

Cholet, mardi 6 janvier 2026. Dans les rues en pente comme celle du Devau, c’est la galère et des automobilistes ont été coincés… CO - Fabienne SUPIOT
L’obligation de sécurité de l’employeur
L’employeur est par ailleurs tenu par l’obligation de sécurité, il  prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleursÂ
(article L 4121-1 du Code du travail). Contraindre ses salariés à circuler alors que les conditions sont manifestement dangereuses peut lui être reproché.  L’accident survenu entre le domicile et le travail est de toute façon indemnisé par la Sécurité sociale, indique l’avocate angevine. Mais un salarié obligé à prendre la route peut également invoquer une exécution déloyale du contrat de travail et un manquement à l’obligation de sécurité pour obtenir des dommages et intérêts.Â
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Quelle rémunération ?
Concernant la rémunération, sauf convention collective, accord de branche ou d’entreprise, une absence équivaut généralement à un congé sans solde, c’est-à -dire, non rémunéré. Des solutions peuvent être actées par des accords ou propositions exceptionnelles, comme le rattrapage des heures, comme précisé à l’article L 3121-50 du Code du travail :  Seules peuvent être récupérées les heures perdues par suite d’une interruption collective du travail résultant 1° De causes accidentelles, d’intempéries ou en cas de force majeure.Â
Qui du droit de retrait ?
Le droit de retrait est consacré à l’article L 4131-1 du Code du travail :  Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d’une telle situation.Â
Les conditions de circulation dangereuses pour un trajet domicile-travail peuvent-elles justifier un droit de retrait ?  Cela me paraît excessif, juge Me Gautier-Péronnet. Le trajet domicile-travail n’est pas compté comme du temps de travail effectif.Â
En revanche, pour les livreurs et conducteurs, c’est différent.  Si le cÅ“ur du métier c’est le déplacement, alors on peut invoquer un risque pour sa santé et sa sécurité.Â
Dans ce cas, le salarié est rémunéré puisque :  Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l’encontre d’un travailleur ou d’un groupe de travailleurs qui se sont retirés d’une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu’elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d’eux.Â
(L 4131-3Â du Code du travail)
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