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« J’étais en train de la restaurer pour venir y passer ma retraite » : Jean-Michel se prépare à revoir sa maison inondée... |
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Cheffes, le 18 février 2026. Jean-Michel prépare sa maison de famille à une nouvelle crue, après 25 ans de répit. Cest au moins la sixième depuis sa naissance en 1960. © CO - Christophe RICCI
Coincée entre la Sarthe et le Piron, la commune de Cheffes, au nord d’Angers, dans le Maine-et-Loire, a souvent été victime des inondations. Une situation que connaît trop bien Jean-Michel, dont la maison de famille se situe dans le centre du bourg. Ce mercredi 18 février, il s’attendait encore à retrouver sa maison sous les eaux avec la crue majeure de la Loire et des rivières des Basses Vallées angevines.
J’étais en train de restaurer la maison pour venir y passer ma retraite.
Les plans de Jean-Michel ont pris un sacré coup. Si sa maison de famille, située dans le bas de la rue du 11-Novembre dans le centre de Cheffes n’est pas encore dans l’eau, c’est tout comme à l’écouter.
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Cheffes, le 18 février 2026. La circulation automobile a été coupée une bonne partie de la matinée. De quoi engendrer un peu de pagaille aux entrées et sorties de la commune. CO - Christophe RICCI
La sixième inondation
Vigicrues annonce une remontée très lente jusqu’à dimanche, au niveau de la crue de 2000
. Et en 2000, le rez-de-chaussée de sa maison était noyé sous environ un demi-mètre d’eau.
La crue de 2000 n’était pas une première pour ce Cheffois. Né en 1960, il a connu dans cette même maison sa première inondation en 1961. Il y avait de l’eau jusqu’à la deuxième marche de l’escalier
, montre-t-il.
La maison a été inondée en 1982, 1995, 1999 et 2000. On n’avait pas eu d’inondation depuis 25 ans. La rivière sortait du lit pendant l’hiver, mais pas comme là !
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Un historique des crues
La référence pour les anciens, c’était 1936. Mais la crue de 1995 a battu tous les records. En 1936, il n’y avait pas d’eau dans l’église. Il y en avait 80 cm en 1995 !
Jean-Michel a équipé la maison de tréteaux, plus légers que les parpaings, pour y placer les meubles et appareils électriques.
Au vu des prévisions, il estime qu’il y aura 40 cm d’eau au rez-de-chaussée d’ici à dimanche prochain, le 22 février.
On le sent dépité. Au bout d’un moment…
, lâche-t-il sans terminer sa phrase. Il apprécie pourtant sa commune. Le village est sympa. L’été, on montre aux touristes jusqu’où l’eau monte. Ils ne nous croient pas !
Ce mercredi matin pluvieux de février, tous les riverains étaient équipés de bottes, le camping était noyé sous la Sarthe. Il n’y avait pas de place pour le doute.

Cheffes, le 18 février 2026. À l’entrée de la commune en arrivant de Tiercé, la Sarthe a recouvert tout le camping, à l’exception du toit de l’accueil. CO - Christophe RICCI