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Tourisme de crues : plutôt « le peuple de Loire », nuance l’artiste Étienne Davodeau... |
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Étienne Davodeau, en bord de Loire, aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire) en 2023. © Archives Ouest-France
Le dessinateur et scénariste angevin Étienne Davodeau a partagé sur Facebook une illustration inspirée du phénomène médiatisé de « tourisme de crues ». L’auteur de Lulu femme nue, Les Ignorants ou encore Loire y défend une vision plus sensible et humaine du fleuve et de celles et ceux qui vivent à son rythme.
En Maine-et-Loire, le terme tourisme de crues s’est invité dans les médias comme dans les messages des autorités
. Il désigne ces curieux parfois encombrants
qui, ces derniers jours, se pressent sur les berges pour observer la montée de La Loire. Via son compte Facebook, Étienne Davodeau a réagi, ce samedi 21 février 2026, à cette expression et détourne avec finesse cette nouvelle étiquette en proposant une lecture plus bienveillante.
Déjà, en 2023, lors de la sortie de son ouvrage Loire, Étienne Davodeau insistait sur son rapport intime au fleuve. Un rapport si personnel que son album se titrait Loire et non La Loire, comme pour mieux souligner la dimension presque humaine qu’il attribue à ce fleuve. J’ai développé une intimité avec elle depuis que je suis môme. Quand on m’embarquait sur un bateau pour des parties de pêche interminables, je m’ennuyais ferme. Mais je me suis rendu compte que toutes les sensations de l’époque ont longuement infusé en moi
, confiait-il alors.
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Un lieu de vie, d’échanges et d’humanité
Aujourd’hui, de l’expression « tourisme de crues », l’artiste retient surtout ce qu’il observe sur les rives : l’entraide, le lien, la beauté et la puissance du fleuve
. J’ai regardé les habitants prendre possession des ponts vides de véhicules, sous l’œil débonnaire de deux gendarmes. Ils viennent par petits groupes considérer l’évolution du fleuve
, écrit-il. Et de se réjouir de ces instants de vie, des mômes qui pataugent dans les flaques
à ce jeune qui lave le linge
de ses voisins touchés par les crues.
À rebours de la vision strictement réglementaire, Étienne Davodeau appelle ces silhouettes venues voir la Loire – qu’elles soient habituées, solidaires ou simplement touchées par le spectacle – non des touristes, mais le peuple de Loire
. Une manière de rappeler que le fleuve n’est pas seulement un paysage, mais un lieu de vie, d’échanges et d’humanité.