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TÉMOIGNAGE. « Ils étaient aux portes de la maison, affamés et épuisés » : ces chevreuils perdus à cause des inondations... |
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Sur l’île de Rochefort, entre la Loire et le Louet, des chevreuils cherchent refuge au plus près des habitations. © François Hamet
La crue de la Loire et de ses affluents impacte également la faune sauvage. Au gré de la montée des eaux, les animaux migrent pour trouver des lieux secs, jusqu’à s’avancer au plus près des habitations. Exemple sur l’île de Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire).
L’épisode actuel est exceptionnel, c’est la première fois que l’on vit ça
. Installés depuis 22 ans sur l’île de Rochefort-sur-Loire, entre la Loire et le Louet, Brigitte et François Hamet n’avaient encore jamais connu pareille crue. Celle-ci est telle que depuis quelques jours, des animaux s’approchent au plus près de leur habitation.
Jusqu’à hier soir (mercredi), nous avions des chevreuils sur notre tertre, confie François Hamet. C’était étonnant, ils s’avançaient jusqu’aux portes de la maison. On sent des animaux affamés et épuisés car tous leurs déplacements, ils les font à la nage.
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Ce jeudi 19 février 2026, les ongulés n’étaient plus dans le petit coin où ils avaient trouvé refuge. J’espère qu’ils ont pu se mettre à l’abri chez nos voisins. Leur terrain est un peu plus surélevé, peut-être de 70 cm au plus haut, mais en ce moment, chaque centimètre compte.
« Quand vous ouvrez les fenêtres, c’est le silence »
Dans la nuit, le niveau d’eau a en effet continué de monter. La partie la plus basse de la maison est désormais recouverte de quelques centimètres. La salle à manger, un peu surélevée, a permis d’y stocker le mobilier. Et si besoin, nous avons la chance d’avoir un étage dans lequel nous avons des chambres d’hôtes.
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François et Brigitte Hamet sont conscients que leur situation est moins pénible qu’ailleurs d’autant qu’ici, dans la vallée, la crue de la Loire n’a rien à voir avec ce que certains peuvent vivre. Elle n’est pas torrentielle, l’eau monte mais la surface reste plane. Quand vous ouvrez les fenêtres, c’est le silence. On n’entend que les oiseaux.
« Il y a pratiquement 1,50 m d’eau sur la route »
Le couple avait anticipé cet épisode même s’il ne s’attendait pas une telle ampleur. On sait que la route d’accès est submergée lorsque la cote de la Loire atteint 4,20 m à Montjean. Là, elle est de 5,66 m donc il y a pratiquement 1,50 m d’eau sur la route. Nous avions regardé les prévisions et avons fait nos courses samedi dernier, nous avons acheté des provisions pour tenir une bonne semaine.
Ils espèrent désormais que cette crue ne s’éternisera pas. On aspire à savoir si on a atteint le pic et quand la décrue va s’amorcer. Cela va se jouer à quelques jours par rapport à nos provisions et on aimerait quand même retrouver une mobilité.