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Saumur. Une nouvelle juge déjà en suspens... |
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Saumur. Une nouvelle juge déjà en suspens
Le Tribunal de grande instance de Saumur a accueilli ce jeudi 3 octobre, Stéphanie Mascé comme nouvelle juge d’instruction. Mais son avenir est déjà menacé…
L’équipe des magistrats saumurois est désormais au complet. Ce jeudi 3 octobre, le Tribunal de grande instance (TGI) a accueilli Stéphanie Mascé en qualité de juge d’instruction. Son installation s’est déroulée lors d’une audience de rentrée très solennelle à laquelle ont assisté Samuel Gesret, sous-préfet de Saumur, Eric Maréchal, premier président de la Cour d’appel d’Angers, de Maître Olivier Vaillant, bâtonnier du barreau de Saumur, Jackie Goulet, maire, Philippe Benoit, commandant de Police ou encore des gendarmes.
Stéphanie Mascé occupe aussi les fonctions de juge aux affaires familiales au côté d’Amélie Verschuère qui a exercé pendant cinq ans la fonction de juge d’instruction.
Âgée de 48 ans et Angevine de naissance, Stéphanie Mascé a réussi le concours de la magistrature en 2016.
Elle arrive du TGI de Guéret où elle avait été nommée en septembre 2017. Dans la Creuse, elle a été à la fois, juge aux affaires familiales, juge d’exécution, chargée de procédure collective, juge d’application des peines et juge des libertés et de la détention (JLD). Auparavant, elle a été greffière pendant 18 ans à Angers, Meaux (Seine-et-Marne) et au Mans (Sarthe). « Aucun contentieux ne vous est inconnu. Vous êtes aguerrie à la polyvalence
», a souligné Myriam De Crouy-Chanel, présidente du TGI de Saumur. Elle a également mis en exergue « la rigueur, la force de travail et la qualité du relationnel
» de la nouvelle arrivante.
Une fonction qui a évolué
Stéphanie Mascé prend ses nouvelles fonctions dans un contexte difficile. Guillaume Donnadieu, procureur de la République, a dressé un portrait assez noir de la fonction de juge d’instruction. « La fonction de juge a évolué. C’est la fonction judiciaire où il existe le plus grand décalage entre la réalité et l’imaginaire collectif. Elle a été amputée de prérogatives
». Et d’évoquer aussi « la défiance à son endroit
» ou « la marginalisation
». Avec néanmoins, une valeur. « C’est le phare. C’est le juge enquêteur qui va au fond des choses et recherche la vérité
».
Un climat pesant
Cette arrivée intervient dans un climat pesant pour le TGI de Saumur. En effet, s’il a été doté de ce poste après quatre ans de vacance, cette situation pourrait être éphémère. « Notre inquiétude est de perdre le juge d’instruction en septembre 2020. C’est le paradoxe. La réforme ne veut plus de juge isolé. Nous sommes très déçus
», témoigne la présidente du TGI. « C’est une idée à bannir. Un juge seul n’est pas isolé. Il noue des contacts avec le Procureur. L’isolement est un faux argument. Mais nous avons peu de moyens de pression
», reconnaît le bâtonnier Olivier Vaillant. Le TGI vit aussi avec le risque de voir partir certains contentieux vers Angers. « Le pire du pire serait la perte du droit à la construction
».
Avec moins de dossiers et moins d’activité, le maintien d’un TGI à Saumur, rouvert en 2014, serait alors forcément plus délicat à défendre. Un refrain déjà connu à Saumur.