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Question du jour. Affaire Brigitte Macron : les réseaux sociaux doivent-ils être mieux régulés ?... |
Alors que le procès de dix personnes jugées pour cyberharcèlement à l’encontre de son épouse, Emmanuel Macron va lancer un débat mardi 28 octobre autour de l’impact des réseaux sociaux et d’internet sur la « déstructuration » du débat public et la démocratie. Dans la perspective des prochaines élections.
Est-ce un hasard ? Ou pas ? Ce mardi 28 octobre 2025, le président de la République Emmanuel Macron, va lancer un débat autour de l’impact des réseaux sociaux et d’internet sur la  déstructurationÂ
du débat public et la démocratie.  On assiste à une montée en puissance des réseaux sociaux où l’émotion négative est plus virale que l’émotion qui est elle-même plus virale que l’argumentÂ
, relève un conseiller présidentiel.  Au fond, on risque d’assister à une disparition de l’espace public, de l’Agora, avec un grand risque pour nos modèles démocratiques et républicainsÂ
, dit-il.
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Dans ce contexte, le chef de l’État  veut dans les mois à venir s’engager, pour créer les conditions d’un débat éclairé et apaiséÂ
, ajoute-t-il.  L’idée c’est de faire vivre ce débat dans la société et à terme prendre des décisions sur toute une série de mesuresÂ
, en faisant notamment appel aux quelque 200 experts mobilisés sur le sujet. Emmanuel Macron présidera ainsi ce mardi, une réunion sur la  démocratie à l’épreuve des réseaux et des algorithmesÂ
réunissant les acteurs impliqués sur cette question (associations, chercheurs, médecins, chefs d’entreprise…) afin d’engager un  mouvement au-delà de l’ÉlyséeÂ
.
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« C’est son rôle de garant des institutions »
Seront notamment présents Gérald Bronner, professeur à La Sorbonne et président de la Commission du même nom sur les perturbations de la vie démocratique à l’ère numérique et Hugo Micheron, spécialiste des ingérences islamistes sur les réseaux. Le chef de l’État réunira ensuite dans l’après-midi un Conseil présidentiel pour la Science sur la santé mentale des jeunes, suivi d’un dîner avec des acteurs de la tech mondiale axé sur la régulation des réseaux, de l’intelligence artificielle (IA) et l’impact de ces technologies sur la  bonne santé du débat démocratiqueÂ
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Mercredi, il prendra la parole au Forum de la Paix à Paris sur la désinformation et les ingérences étrangères, avant un nouveau dîner à l’Élysée sur ce thème. Le chef de l’État, contraint à plus de réserve sur la scène intérieure sur fond de crises politiques à répétition depuis la dissolution ratée de 2024, entend néanmoins continuer à se faire entendre et rester à la manœuvre là où il le peut.
 C’est son rôle de garant des institutions, des pouvoirs publics, de l’indépendance nationale de s’emparer ces sujets-là Â
, justifie-t-on à l’Élysée. Il est ainsi  tout à fait dans le périmètre présidentiel tel que défini dans la ConstitutionÂ
. Emmanuel Macron a notamment en ligne de mire les municipales de mars 2026 et la présidentielle de 2027, sur lesquelles  beaucoup de risques peuvent peserÂ
, estime l’Élysée, en rappelant des cas récents en Roumanie ou Moldavie, avec des soupçons d’ingérence russe.
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La mise en place d’une coalition européenne ?
Cela peut se traduire par de multiples formes de désinformation via des algorithmes ou des bots (comptes automatisés) qui instillent des débats erronés, tout cela dans le plus parfait anonymat, sans possibilité de remonter à la source.  Le chef de l’État n’a lui-même pas d’échéanceÂ
, car il ne pourra pas se représenter en 2027, pointe la présidence.  Ça le met en position pour faire en sorte que ces échéances se déroulent le mieux possibleÂ
, estime-t-elle. Il n’entend pas non plus  préempterÂ
les  véhiculesÂ
qui permettront de mettre en Å“uvre les mesures décidées, assure-t-elle. Cela peut être  législatif, administratif, par décretÂ
ou à l’échelle internationale, assure l’Élysée.  La palette d’outils est ouverteÂ
, insiste-t-on.
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Emmanuel Macron ambitionne notamment de créer une  coalitionÂ
avec d’autres chefs d’État et de gouvernement pour faire émerger une majorité numérique permettant d’accéder aux réseaux - fixée à 15 ans en France - au niveau européen. La Grèce, l’Espagne, Chypre, la Slovénie et le Danemark se sont déjà inscrits dans le mouvement, selon l’Élysée.
 Il est possible d’obliger les plateformes à vérifier l’âge des utilisateurs. Nous sommes en train d’avancer sur les solutions techniques pour le faire. Et nous allons essayer de faire converger tout le mondeÂ
, a assuré jeudi Emmanuel Macron à l’issue d’un Conseil européen à Bruxelles.