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PORTRAIT. Maine-et-Loire : Catherine Chabaud, de la course au large au Parlement européen... |
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Catherine Chabaud, ici en 2016, lors de la 8e édition du Vendée Globe, aux Sables-d’Olonne. Elle vit aujourd’hui entre Bécon-les-Granits et La Trinité-sur-Mer. © Archives Ouest-France
L’ancienne navigatrice et journaliste vient d’être élue, ce dimanche 26 mai, députée européenne sur la liste Renaissance. Bretonne de cœur, Angevine d’adoption, elle va livrer sa bataille pour l’environnement sur le terrain politique.
« C’est une sacrée aventure, c’est ton troisième Vendée Globe ! » Ce dimanche 26 mai, jour de fêtes des Mères, Catherine Chabaud avait deux bonnes raisons de penser à sa maman, qui lui a fait cette prédiction il y a quelques mois. Sa fille, journaliste, ancienne navigatrice – et première femme à boucler un tour du monde en solitaire – va entamer une nouvelle vie de députée européenne, qui promet d’être très intense.
La politique, avec laquelle elle a longtemps pensé garder ses distances, vient de la rattraper pour de bon. En 5e position sur la liste Renaissance, emmenée par Nathalie Loiseau, elle avait toutes les chances de siéger à Strasbourg. Son combat pour l’environnement, qui remonte à 2001, et qui a pris des formes diverses et variées, devait l’y mener tôt ou tard. Ce sera donc en 2019.
Entre l’Anjou et la Bretagne
« Je suis engagée pour la préservation de la mer et du littoral depuis dix-huit ans » , rappelle celle qui vit entre Bécon-les-Granits (Maine-et-Loire) et La Trinité-sur-Mer (Morbihan).
« Bretonne de cœur, Angevine d’adoption », Catherine Chabaud a découvert l’Anjou il y a quatorze ans. Son compagnon, Jean-Marie Patier, tout aussi passionné de voile, a dirigé pendant un quart de siècle l’institut Bois-Robert, un internat privé fondé par son père et qui réunit collège et lycée, à Bécon-les-Granits. C’est d’ailleurs le célèbre skipper Jean-Luc Van den Heede qui les a fait se rencontrer.
La mer, encore et toujours, est le fil conducteur de sa vie. Hors de question de la laisser tomber. Sa prise de conscience vient de son expérience sur les mers du monde. Pendant dix ans, entre 1991 et 2001, Catherine Chabaud a effectué une petite quinzaine de traversées de l’Atlantique, ainsi que deux Vendée Globe, en 1997 et 2001. Elle a vu les déchets s’accumuler sur sa route. « Je m’étonnais qu’on n’en parle pas. » Son métier de journaliste lui permet de mettre le sujet sur le devant de la scène, sur Europe 1, puis en tant que rédactrice en chef de la revue Thalassa.
Son travail salué par Nicolas Hulot
Mais, tout comme Monsieur Jourdain ignore qu’il fait de la prose, Catherine Chabaud comprend qu’elle fait « de la politique sans même [s]’en rendre compte ». Sollicitée « à trois reprises pour des élections européennes », elle décline. « Je trouvais que j’étais bien dans la société civile. »
En 2008, Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie du gouvernement Fillon, lui propose une mission sur le nautisme et le développement durable. Elle entre ensuite au conseil économique, social et environnemental, pendant cinq ans. Puis devient déléguée à la mer et au littoral entre 2016 et 2017.
Son travail « précieux » et son « engagement sincère et constant pour l’océan », sont salués par Nicolas Hulot, alors ministre de l’Écologie. Hulot, un autre champion de l’écologie qui a fait le pari de la politique, avant de s’y fracasser et de la quitter, écœuré.
Craint-elle ce scénario ? Chaque chose en son temps. Elle préfère parier sur la méthode. « La première fois que j’ai fait un Vendée Globe, en 1996, j’en avais envie et je savais que ma place était là . J’ai pris les étapes les unes après les autres. La mer m’a appris à composer avec, plutôt que lutter contre. Ce qui est important, c’est de faire entrer les gens dans une dynamique de transition. Une fois qu’ils y sont, là , ça accélère. »