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PMA pour toutes : le Sénat exclut les femmes célibataires

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photo le sénat examine le projet de loi sur la bioéthique, et notamment l’ouverture de la pma à toutes les femmes. © thomas bregardis / ouest france 1

Le Sénat examine le projet de loi sur la bioéthique, et notamment l’ouverture de la PMA à toutes les femmes. © THOMAS BREGARDIS / OUEST FRANCE

Les sénatrices et sénateurs examinent depuis mardi 2 février, en seconde lecture, le projet de loi sur la bioéthique. Et notamment sa mesure-phare, l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. Ils en ont exclu les femmes célibataires.

Des débats respectueux le plus souvent, mais aussi longs et intenses et des rebondissements : les sénatrices et sénateurs ont entamé ce mardi 2 février, l’examen, en seconde lecture, du projet de loi sur la bioéthique.

La chambre haute a d’abord rejeté par 122 voix pour et 174 voix contre (33 abstentions) les amendements (LR et centristes) visant à supprimer l’article 1er ouvrant la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. Mais le Sénat a ensuite adopté à main levée un amendement du sénateur LR Dominique de Legge prévoyant de limiter l’ouverture de la PMA aux couples de femmes.

Comme en première lecture, sénatrices et sénateurs ont aussi exclu ces nouvelles bénéficiaires de la prise en charge par la Sécurité sociale et ont maintenu l’exigence d’un critère médical pour les couples hétérosexuels.

Des positions tranchées, mais aussi des doutes s’expriment, parfois avec émotion, sur cette réforme sociétale majeure, qui touche à l’intime. Et où se confrontent différentes conceptions de la famille et de l’enfant.

Des milliers de Françaises vont à l’étranger pour une PMA

Pour le sénateur vendéen Bruno Retailleau, chef de file LR, il y a un fossé entre le  texte et le contexte   : entre le principe de précaution à grande échelle qu’on applique actuellement dans la gestion de l’épidémie de Covid, en protégeant  les plus fragiles  et ce qu’il appelle la  PMA sans père , qui  faire primer la volonté des adultes sur l’intérêt et le droit des enfants .  On légalise des orphelins de père. Est-ce un progrès humain ? , embraye Olivier Paccaud (LR).

Sur la même ligne, mais plus modérée, Catherine Deroche, la sénatrice LR du Maine-et-Loire, dit préférer  le rôle de conservateur humaniste prudent .

 Vous devez faire le deuil de la famille invariablement constituée de papa, maman et des enfants  , rétorque la socialiste Marie-Pierre de la Gontrie fustige une  conception rétrograde  qui ne ressemble pas à la société aujourd’hui. Brouhaha dans l’hémicycle.

Plusieurs sénatrices et sénateurs rappellent que 2 000 à 4 000 femmes se rendent chaque année à l’étranger pour recourir à une PMA. Et leurs enfants vivent déjà en France. Des enfants malheureux ?  Je ne crois pas que la vulnérabilité d’un enfant soit le produit d’une absence de père. Ce qui compte, c’est que l’enfant soit entouré de gens qui l’ont désiré et lui servent de repères , dit le sénateur d’Ille-et-Vilaine Daniel Salmon (groupe Écologie, solidarité et territoires).

« La société a évolué »

Ce qui compte, ce n’est  pas le lien biologique ,  c’est l’amour, l’attention, la sécurité matérielle et affective  que reçoit un enfant, abonde Adrien Taquet, le secrétaire d’État à la famille. Depuis 40 ans,  700 études  ont témoigné du fait qu’être élevé dans une famille monoparentale (une sur cinq en France) n’a pas d’effets délétères sur la construction de l’enfant, rappelle-t-il.  Ce qui construit un enfant, ce n’est pas la composition du foyer, mais la dynamique familiale .  La société a évolué, dit-il encore. Nous avons ce devoir d’accueillir ces nouvelles formes familiales et pas de les stigmatiser » mais « de leur apporter de la sécurité .

Mais alors, au nom du  principe d’égalité , des couples d’hommes  crieront bientôt à l’injustice  et réclameront eux aussi, la possibilité d’avoir un enfant : c’est  la porte ouverte à la légalisation de la GPA  martèlent plusieurs députés.  Il n’y a pas de droit à l’enfant, et pas de principe d’égalité , rétorque Adrien Taquet, rappelant que la GPA  est et restera interdite . Une  ligne rouge , avait déjà tranché le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti.

 
Carine JANIN.   Ouest-France  

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PMA pour toutes : le Sénat exclut les femmes célibataires

Une "conception rétrograde" de la famille, selon Marie-Pierre de la Gontrie ?
76% des familles ayant au moins 1 enfant vivent avec leurs parents, en famille traditionnelle ou recomposée;

Selon les dernières statistiques disponibles (2017), le nombre de familles monoparentales en France, par rapport au nombre total de familles avec au moins 1 enfant mineur, atteint 23.4%, pour 76.6% qui sont constituées d'un couple avec au moins 1 enfant mineur.

Ce qui signifie que 23.4% des familles françaises, étant monoparentales, reçoivent l'allocation de parent isolé, de la constitution de la famille monoparentale jusqu'à la majorité de l'enfant (ou la fin de la monoparentalité).
Premier point : c'est peut-être "progressiste", mais coûteux pour le contribuable.

Ensuite : si 5.9% des enfants vivant dans une famille traditionnelle ont leurs deux parents sans emploi, et 8.9% pour les enfants vivant dans une famille recomposée, le taux d'enfants avec un parent sans emploi grimpe à 35.4% pour les familles monoparentales ! Qui vivent donc aux frais de la collectivité, sans doute, pour l'immense majorité, puisque 66% des mères sans emploi de familles monoparentales sont au seuil de la pauvreté, et toujours 30% des mères actives à la tête d'une famille monoparentale.

Toutes les études montrent que les familles monoparentales, constituées à plus de 80% par des mères élevant seules leur(s) enfant(s), sont particulièrement exposées à de multiples risques : pauvreté, mal-logement, précarité de l'emploi, temps partiel...
Tandis que les mères solo avec enfant(s) qui s'en tirent bien sur le plan du travail et des revenus, sont aussi des mères au travail prenant, et disposant donc de moins de temps à passer avec leur enfant, devant jongler avec carrière, organisation ménagère et enfants.

Ce qui pèse naturellement sur les enfants de ces familles monoparentales, qu'on retrouve assez "naturellement" en surnombre, dans les statistiques de l'Éducation nationale et du secteur éducatif, parmi les élèves en grande difficultés scolaires et/ou psychologiques, nécessitant suivis et soutien, mais aussi parmi les consommateurs de drogue les plus précoces, les acteur de maternités ou paternités anormalement précoces et non désirées qu'ils sont incapables d'assumer, comme aussi dans les chiffres de la délinquance...

Il serait intéressant qu'une enquête, un jour, soit menée sur tous les fronts en même temps, pour que le contribuable français soit dûment informé de ce que coûtent à la société ces "nouvelles familles", tous problèmes confondus : et encore ne s'agit-il actuellement, souvent, que de familles monoparentales durant quelques années, faisant suite à une séparation et durant en moyenne entre 5 et 10 ans.

Pour une femme CHOISISSANT de devenir mère célibataire par PMA, si les risques décrits ci-dessus restent les mêmes, la durée d'allocation au parent isolé risque fort d'aller jusqu'à la majorité de l'enfant, quoi qu'il en soit...

Mais sans doute LE problème n° 1 à prendre en compte reste-t-il encore que, globalement, les enfants grandissant dans des familles monoparentales présentent eux-mêmes largement plus de problèmes que les enfants grandissant dans une famille traditionnelle ou recomposée, où deux parents sont présents.

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