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Le tiers payant, ce n'est pas automatique... |
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Actuellement, en Ille-et-Vilaine, 76 % des médicaments de marque qui ne font plus l'objet d'un brevet,sont remplacés par des génériques. © Franck DUBRAY.
À partir de lundi, si vous refusez les médicaments génériques conseillés par le pharmacien,il vous faudra avancer la totalité de l'ordonnance.
Attention ! À compter du 1er septembre, refuser de prendre un médicament générique ne sera plus anodin pour son porte-monnaie. En Ille-et-Vilaine, la caisse primaire d'assurance-maladie lance le dispositif « tiers payant contre générique ».
Depuis quelques années déjà, les pharmaciens sont censés vous fournir un médicament générique correspondant au médicament de marque prescrit par le médecin. Or, désormais, si vous refusez l'un des génériques conseillés par le pharmacien, vous ne pourrez pas bénéficier du tiers payant. Vous devrez donc avancer l'argent pour l'ensemble de l'ordonnance. La caisse d'assurance-maladie se chargeant ensuite de vous rembourser. Si en plus, ce jour-là, vous n'êtes pas en possession de votre carte Vitale, ce sera également à vous d'adresser la feuille de soins, munie de vignettes, à la CPAM.
Cette mesure s'appliquera à tous : y compris aux bénéficiaires de la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) et de l'AME (aide médicale État). L'objectif visé est clair : augmenter le taux de pénétration du générique. L'enjeu est évidemment financier. Selon l'assurance-maladie, la prescription de médicaments génériques, en France, l'an dernier, « a permis de réaliser un milliard d'économies ».
Pour parvenir à ses fins, la CPAM 35 s'est assuré le concours des officines en signant une convention avec le syndicat des pharmaciens d'Ille-et-Vilaine qui regroupe 60 % des professionnels du département.
76 % de médicaments génériques
« Il y aura sans doute des réticences. Mais il est prouvé que lorsqu'il faut débourser un peu d'argent, les gens optent pour les génériques », observe Hervé Breteau, coprésident du syndicat. « Les résultats sont fulgurants. Dans les départements où seuls 65 % des médicaments de marque sont remplacés par des génériques, on a atteint un taux de 80 % », note encore Anne Bastien, sous-directrice à la CPAM 35. Actuellement, 76 départements appliquent ce dispositif en France. L'Ille-et-Vilaine sera le premier en Bretagne.
Dans le département, les génériques se substituent aux médicaments de marque dans une proportion de 76 % (1). La CPAM espère atteindre un taux de 81 % d'ici peu. « Certaines personnes redoutent encore qu'il ne s'agisse pas du même médicament. Certains aussi ont leurs habitudes. Pourtant, entre le générique et la marque, le principe actif est identique », répète Hervé Breteau.
Pour mieux faire passer son message, la CPAM 35 vient de lancer une campagne d'affichage et de dépliants. Quant aux patients qui refuseraient vraiment d'avancer la moindre somme d'argent, le mieux est encore d'appliquer ce proverbe chinois : « Sourire trois fois par jour rend inutile tout médicament ».
Pierrick BAUDAIS.
(1) Actuellement, seuls 19 % des médicaments, en France, peuvent être remplacés par un générique.