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Lidl a annoncé arrêter de diffuser ses publicités sur la TV linéaire française (photo d’illustration). © archives CO
Lidl a annoncé abandonné les investissements publicitaires sur la TV linéaire française. Cette décision survient après la condamnation de l’enseigne pour des spots vantant des promotions pas disponibles suffisamment longtemps.
Mauvaise nouvelle pour le petit écran tricolore : Lidl, l’un des premiers annonceurs de France, va arrêter ses achats publicitaires à la télévision traditionnelle, le discounter allemand invoquant une réglementation trop restrictive, six mois après une lourde condamnation pour  pratiques commerciales trompeusesÂ
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 Nous n’investirons plus dans la TV linéaire (télévision classique par rapport notamment aux plateformes en ligne, N.D.L.R.) tant que les risques dus à la réglementation seront trop importants, comme c’est le cas aujourd’huiÂ
, a annoncé Jassine Ouali, directeur exécutif de la relation client au sein de Lidl France, dans une interview au magazine spécialisé Stratégies.
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Le discounter va, à la place, investir davantage dans les vidéos en ligne,  fort levier de développementÂ
, a-t-il ajouté.
En juillet, la chaîne de supermarchés, régulièrement attaquée par la concurrence pour ses campagnes de communication, a été condamnée par la cour d’appel de Paris à verser 43 millions d’euros de réparations à Intermarché pour des publicités illicites sur le petit écran, une décision qu’elle va contester devant la Cour de cassation.
Des prix attractifs mais des produits pas suffisamment longtemps disponibles
Les spots décriés — 374 entre 2017 et 2023 pour un montant de 584 millions d’euros — présentaient des promotions pour des produits, avec l’affichage d’un prix attractif,  sans assurer leur disponibilité pendant une durée de 15 semaines dans l’ensembleÂ
des magasins Lidl, comme l’exige la loi, selon la cour d’appel, qui a relevé des  pratiques commerciales trompeusesÂ
et une  concurrence déloyaleÂ
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 Pour moi qui suis passé par Lidl en Allemagne et au Royaume-Uni, cette situation est assez difficile à comprendreÂ
, a commenté M. Ouali, selon lequel  l’héritage issu de la régulation des années 90Â
, visant à protéger les revenus publicitaires des autres médias, notamment de la presse quotidienne régionale (PQR),  pose de réelles questionsÂ
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Un décret de 1992 interdit aux distributeurs de communiquer, à la télévision, sur des opérations commerciales de promotion limitées dans le temps, la disponibilité et les prix des produits vantés devant être assurés pendant 15 semaines, une durée précisée par l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).
Une décision « obsolète », et pénalisante
En décembre, le président du groupe M6, David Larramendy, a jugé cette interdiction  obsolète, incompréhensible et injustifiableÂ
, appelant dans Le Monde à  un new deal de l’audiovisuel françaisÂ
face à la concurrence des plateformes internationales.
Pour François Pellissier, président de l’ADMTV (syndicat des régies publicitaires des médias TV et vidéo) et directeur général adjoint Business et Sports du groupe TF1, contacté par l’AFP, la  décision de Lidl souligne encore une fois les asymétries insoutenablesÂ
pénalisant  les acteurs locauxÂ
, qui financent l’information et la création, au profit notamment de  Google (qui détient YouTube, N.D.L.R.) et MetaÂ
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 C’est évidemment un signal préoccupantÂ
, a abondé auprès de l’AFP Marianne Siproudhis, directrice générale de FranceTV Publicité, la régie de France Télévisions.
 La distorsion de concurrence réglementaireÂ
entre la télé française et  les plateformes internationales qui captent une part très conséquente des investissements publicitaires sans être soumises aux mêmes règlesÂ
est  problématiqueÂ
, a-t-elle estimé.
Des publicités conservées dans la presse écrite
La télé linéaire a représenté 22 % des investissements médias de Lidl France l’année dernière, contre  zéroÂ
prévu en 2026, a indiqué à l’AFP une porte-parole du groupe, insistant par ailleurs sur le  maintien des investissementsÂ
dans la presse écrite.
Le sixième distributeur alimentaire français en parts de marché représente, selon Kantar Media, le deuxième annonceur de France, tous secteurs et médias confondus, avec près de 400 millions d’euros d’investissements bruts sur les trois premiers trimestres 2025, un chiffre en baisse de 11 % sur un an, derrière Leclerc (506 millions, + 14,8 %) et devant Intermarché (près de 380 millions, + 8,5 %).
N’ayant pas bénéficié de la période de forte inflation, Lidl France, qui vise 2 000 magasins, contre plus de 1 600 aujourd’hui, veut recentrer son image sur les prix bas, comme l’a rappelé en septembre son patron irlandais John Paul Scally.
 Le Loup d’Intermarché, on peut le faireÂ
, a concédé la porte-parole de Lidl, en référence au spot de Noël de l’enseigne concurrente qui a cartonné. Mais, pour un discounter, la publicité sert surtout à  mettre un prix en face d’un produitÂ
, a-t-elle justifié.