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La question du jour. À Noël, un cadeau d’occasion a-t-il moins de valeur pour vous qu’un cadeau neuf ?... |
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Du côté des jouets, les recycleries proposant des jouets d’occasion représentent une alternative aux achats auprès de plateformes extra européennes. © Archives AFP
Alors que les achats en ligne se multiplient sur les plateformes comme Shein ou Temu, notamment pour les jouets, le marché de l’occasion pourrait bien devenir cette année le miracle de Noël face à ces sites de revendeurs non européens qui inquiètent les commerçants français.
Le prochain débat des interminables discussions des repas du réveillon de Noël est-il déjà tout trouvé ?
Avec le développement des recycleries en magasin, ou bien des sites en ligne, parmi lesquels Vinted, qui propose à ses utilisateurs de revendre vêtements, accessoires et même depuis peu des objets culturels et appareils électroniques : le marché des cadeaux de Noël évolue.
« Changer de regard sur l’occasion »
Pour ce qui est de l’un des incontournables des fêtes, le marché du jouet bénéficie depuis 2022 d’une filière dédiée à son recyclage et son réemploi chez Ecomaison, un organisme chargé de la collecte, du réemploi et du recyclage des jeux et jouets.
Par exemple en 2024, ce sont 38 000 tonnes qui ont été collectées par cette dernière, mais seulement 2 400 tonnes seulement ont pu être remises en circulation. Outre les associations comme celle-ci, des bornes de collecte sont installées dans les magasins de jouets et, pour les plus abîmés, en déchetteries.
En suivant le processus, on retrouve ensuite les jouets au sein des ressourceries, comme celle d’Emmaüs à Chaville (Hauts-de-Seine), qui en reçoit une tonne chaque mois, valorisés par une vingtaine d’employés en insertion. Ces derniers passent des heures à trier, laver, créer des emballages, pour redonner une seconde vie aux jouets.
Ecomaison travaille ainsi avec les associations  à changer un peu le regardÂ
sur l’occasion, pour répondre aux attentes du  nouveau consommateurÂ
, enclin à  aller vers la seconde main pour des raisons écologiques mais en s’attendant à avoir un univers qu’il connaît sur le neufÂ
, détaille Matthieu Goutti, responsable de la filière jouets chez Ecomaison.
> À LIRE AUSSI : « Un jouet offert, c’est un sourire d’enfant en plus » : à Cholet, une entreprise lance une collecte de jeux
L’ombre grandissante des plateformes extra européennes
De plus, l’année 2025 s’annonce comme un cru particulièrement bon pour la filière, avec une croissance de 9 % enregistrée de janvier à mi-novembre, par rapport à la même période l’an passé, selon le cabinet d’études Circana. Et cette année, les consommateurs ont un peu délaissé internet et ont retrouvé le chemin des magasins. C’est même en France que la part des ventes en ligne est la plus faible d’Europe, moins d’un tiers du chiffre d’affaires.
Mais malgré ces bons chiffres, le secteur a  un sujet d’inquiétude et de colèreÂ
, celui des  jouets dangereuxÂ
vendus  sur des places de marché en provenance de vendeurs tiers non européensÂ
, comme Shein, a déploré Florent Leroux président de la Fédération française des industries Jouet-Puériculture (FFJP) et directeur général de Ravensburger, évoquant un  raz-de-maréeÂ
.
Pour Philippe Gueydon, coprésident de la fédération des commerces spécialistes (FCJPE) lorsque se pose la question du pouvoir d’achat,  il vaut mieux acheter un jouet d’occasion de qualité qu’un jouet non conforme sur SheinÂ
.
Pourtant, environ un tiers des consommateurs français a acheté au moins un jouet sur Temu, AliExpress ou Shein, au premier semestre, selon Circana.