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ENTRETIEN. Fleur Geffrier raconte la saison 2 des « Gouttes de Dieu » : « Un grand vin, c’est comme une œuvre d’art »... |
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Fleur Geffrier interprète Camille Léger dans "Les Gouttes de Dieu". © Apple TV
La série viticole « Les Gouttes de Dieu » revient pour une saison 2, disponible à partir de ce mercredi 21 janvier 2026 sur Apple TV. Un deuxième cru d’exception dans lequel Fleur Geffrier reprend son rôle de Camille Léger. Entretien.
Prêts pour un nouveau voyage au cœur des vignes ? Pour sa deuxième saison, lancée ce mercredi 21 janvier 2026 sur Apple TV, la série Les Gouttes de Dieu, adaptation du manga du même nom, met les petits plats dans les grands. Les comédiens Fleur Geffrier et Tomohisa Yamashita sont de retour pour camper les personnages de Camille et Issei. Dans la première saison, ils s’écharpaient lors d’une compétition sans merci pour pouvoir récupérer l’héritage viticole de leur père. Désormais, les voici réconciliés et ils tentent tant bien que mal de faire la paix avec leur passé.
Dans ces nouveaux épisodes, Camille est dans un état d’esprit léger et veut profiter de sa nouvelle vie avec son fiancé tout en exploitant le vignoble, tandis qu’Issei est confronté à de nombreuses difficultés qu’il va devoir affronter. Sa santé mentale est bien amochée, tandis que des traumatismes d’enfance refont surface. Pour l’aider à remonter la pente, Camille prend Issei sous son aile et ils embarquent à nouveau dans une grande quête pour trouver le vin parfait. Ils voyagent ainsi entre le sud de la France (Marseille), mais aussi la Grèce, ou encore dans les campagnes retranchées de Géorgie.
Cette nouvelle saison, bien plus sombre que la précédente, laisse quelque peu de côté la dégustation de vin pour se pencher sur une exploration plus intime des liens familiaux qui unissent les deux héros. La relation entre Camille et Issei se solidifie avant de vaciller, alors que chacun se focalise sur ses ambitions personnelles. Si cette deuxième saison perd un peu en dynamisme au fil des épisodes, elle n’en demeure pas moins très réussie. Avant de la déguster avec délicatesse - et en préparant vos mouchoirs -, Fleur Geffrier se confie.
La première saison s’est plutôt bien finie pour Camille. À quoi peut-on s’attendre pour cette deuxième salve d’épisodes ?
Il va se passer beaucoup de choses. On commence trois ans après la saison 1, donc les personnages ont forcément bien évolué. Mais tout n’a pas été réglé lors de la saison 1, il y a des choses qui restent encore à faire. Ils vont notamment devoir fouiller en eux-mêmes. Pour Camille, l’histoire avec son père n’a pas encore été réglée, parce qu’elle est restée sur une idée assez violente de lui, donc on va creuser un peu plus cette relation et ce ressenti. Et elle va continuer à se chercher, car elle était complètement perdue au début de la saison 1, et là, elle commence à y voir un petit peu plus clair, même si ce n’est pas encore ça.
L’introspection et l’héritage familial priment-ils sur l’aspect viticole dans cette saison 2 ?
Ça reste très présent. On est toujours dans le monde du vin et de l’œnologie, des vignerons. On parle d’écologie aussi dans cette saison, on va rentrer dans des sujets un petit peu plus actuels et politiques. Et comme lors de la saison 1, on va voyager aussi, on va découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures, des nouveaux vins.
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Pour la saison 1, vous aviez dit que Camille vous ressemblait beaucoup . Est-ce encore le cas pour cette saison 2 ?
Peut-être moins. Elle va faire face à ses démons et à son héritage, mais un héritage plus psychologique. On sait qu’on hérite des choses de nos parents, de nos grands-parents, de nos arrière-grands-parents. Et chez Camille, sans qu’elle s’en rende forcément compte, son père a finalement pris beaucoup plus de place que ce qu’elle imagine dans sa vie et dans ce qu’elle est. Donc elle va devoir faire des choix qui vont l’emmener dans des directions qu’elle n’avait pas forcément anticipées, qui vont pas mal la secouer. Elle va se perdre. Elle est plus dure que lors de la saison un. Elle garde sa folie, mais elle n’est plus au même endroit. Il y a quelque chose qui a changé et pas forcément pour le mieux.
Ça correspond à l’ambiance générale de la saison, qui est plus sombre…
Oui, tout à fait. On va plus profondément dans les peurs et les traumatismes, en tout cas chez Issei. Lors de la saison 1, on est plus sur le traumatisme de Camille, donc là, on va plonger dans celui d’Issei. Son traumatisme d’enfance est très fort. La fin de la saison 1 n’est pas forcément un happy end pour lui, parce qu’il n’a pas la reconnaissance de son père biologique. Mais au début de la saison 2, il n’est plus du tout au même endroit. Camille a suivi sa route depuis la fin de la première saison, mais Issei, lui, n’a pas suivi une trajectoire linéaire.
Y a-t-il toujours une forme de compétition entre eux ?
Oui, forcément. Camille n’en a pas envie, elle ne veut pas de cette relation-là, mais Issei cherche un peu ça, on sent qu’il est en colère. Camille va avoir du mal à comprendre. Après, l’histoire va évoluer, ils vont rencontrer de nouveaux personnages très chouettes.
Quel était votre rapport au vin avant de faire cette série ?
Je viens d’une famille de restaurateurs et j’ai grandi dans le sud-ouest de la France, donc le vin, c’est quelque chose que j’ai toujours vu, connu. On consommait l’alcool avec modération, c’est important, mais ça a fait partie de ma vie, même jeune. Mon père nous emmenait mes frères et moi dans les caves pour aller acheter des cubis de vin quand on était petits. Et cette odeur très particulière des caves à vin, j’adore, à chaque fois, ça me rappelle mon enfance. Donc j’étais touchée de pouvoir faire une série sur le vin, d’autant qu’il n’y en a pas beaucoup. Tomo (Tomohisa Yamashita) et moi, malgré nous, on est un peu devenu des sortes d’ambassadeurs de ce monde-là et ça me touche énormément. Je suis heureuse de pouvoir donner une petite voix à ce monde et que je trouve merveilleux, intéressant et très riche.
Comment ce rapport a-t-il évolué depuis la série ?
J’ai appris ce que tout le monde apprend en regardant la saison 1 sur la manière de goûter un vin, etc. Et je sens que mon palais s’affine au fur et à mesure. Surtout, je me sens plus proche de ce monde-là qu’avant. Maintenant, je trouve qu’un grand vin, c’est comme une œuvre d’art. On n’a pas besoin d’avoir de la technique, de s’y connaître pour apprécier et pour aimer. C’est comme un beau tableau ou une musique. Quelque chose va nous toucher et c’est suffisant.
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Comment avez-vous été préparée aux gestes et à l’art de l’œnologie en amont de la série ?
On a eu une petite formation assez rapide avec Sébastien Pradal, sommelier et consultant des Gouttes de Dieu, qui est quelqu’un d’extraordinaire, qui partage sa passion d’une manière formidable. On s’était retrouvés dans son restaurant pour goûter des vins. On a craché, on ne buvait pas, mais à force de sentir et d’avoir de l’alcool un peu dans la bouche, on peut sentir une petite ivresse au bout de deux heures de dégustation. Ce qui est assez étonnant. Il nous a aussi fait un gros topo de l’histoire viticole française, puis des gestes, comment on ouvre une bouteille, comment on déguste un verre de vin, pourquoi on fait tel geste… Après, je me suis entraînée.
En tant que comédien, comment fait-on ressentir aux spectateurs le goût et l’odeur d’un vin ?
Je vais être très connectée à ce que ça va me faire ressentir personnellement. Quelles émotions ça va susciter en moi ? Si je sens une odeur d’herbe coupée, ça va me rappeler des choses, donc il va y avoir une nostalgie. Ou pas. Ça peut être positif ou négatif, ça peut être des bons ou des mauvais souvenirs. C’est quelque chose qu’on aime ou qu’on n’aime pas. Donc je vais essayer d’être connectée à des émotions. Et puis peut-être changer un peu mon rythme, ma manière de parler, le volume, la tessiture, la hauteur de ma voix.
À l’image de la série, les tournages sont-ils un mélange des cultures ?
Oui. Déjà au sein même de notre équipe, on a des personnes de pays différents. Et à chaque fois qu’on change de lieu, on découvre de nouvelles personnes qui viennent s’ajouter à notre équipe. Et même au sein des acteurs, on en a d’Italie, du Japon, des États-Unis, de France, mais aussi de Géorgie, de Grèce, d’Espagne… Donc oui, on a un gros mélange et c’est génial. C’est très riche.
Disponible sur Apple TV.