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ENTRETIEN. Avec son livre, Pascal rappelle « que le vignoble angevin est un patrimoine extrêmement riche et reconnu »... |
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Pascal Girault a présenté ses ouvrages et photos infrarouges au musée Aux Anciens Commerces. © CO
Photographe passionné par le patrimoine et la nature, Pascal Girault a récemment présenté son dernier livre « Angers, terre de vignes » réalisé avec Christian Asselin, à Doué-la-Fontaine (Doué-en-Anjou), près de Saumur (Maine-et-Loire). Rencontre.
Présent au Noël victorien au musée Aux Anciens commerces, Pascal Girault, photographe passionné par le patrimoine et la nature, présente ses ouvrages dont son dernier livre « Angers terre de vignes » réalisé avec Christian Asselin, ancien directeur d’Unité de recherche à l’INRA d’Angers et œnologue sur le patrimoine viticole d’Angers et son agglomération.
Comment est née cette collaboration avec Christian Asselin ?
Pascal Girault : « Nous nous sommes rencontrés en 2003 à l’abbaye de Fontevraud lors d’un colloque international sur les Paysages de vignes et de vins pour lequel je réalisais la couverture photographique. Nous avons sympathisé et on se revoyait de temps en temps. Un jour, Christian m’a parlé d’un projet de livre et quelques années plus tard est né notre premier ouvrage commun, « Le Val de Loire, terres de chenin », paru en 2018, qui a très bien fonctionné. Nous avons décidé de poursuivre l’aventure avec un nouveau livre « Angers, terre de vignes ». La ville d’Angers et son agglomération se situent aux confins du Massif armoricain. La roche mère, composée entre autres de schistes, caractérise l’Anjou noir et a favorisé l’implantation de vignobles réputés. »
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Que souhaitez-vous transmettre à travers ce livre sur le patrimoine viticole d’Angers ?
« Nous voulions rappeler que le vignoble angevin est un patrimoine extrêmement riche et reconnu, dont une partie a aujourd’hui disparu, notamment à cause de l’urbanisation. Certains terroirs ont été préservés comme Savennières, la Coulée de Serrant, Bonnezeaux, Chaume, quart de Chaume ou les Coteaux du Layon et de l’Aubance - pour ne citer que les blancs. Les rosés, les rouges, les bulles ne sont pas oubliés !- Mais d’autres ont totalement disparu. Le livre raconte à la fois ce passé, le présent encore bien vivant, et l’avenir de ce vignoble d’exception. »
Avez-vous découvert des aspects méconnus sur ce patrimoine au fil du projet ?
« Oui, notamment sur le plan géologique. J’ai découvert les anciennes carrières de schiste autour de l’étang Saint-Nicolas datant du XVe siècle, ainsi que des lieux de villégiature du roi René. Ce sont des découvertes passionnantes, auxquelles s’ajoutent surtout les rencontres humaines : viticulteurs, propriétaires et passionnés du territoire. »
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De manière plus générale, comment définiriez-vous votre démarche artistique ?
« Ma démarche repose avant tout sur la mise en valeur du patrimoine, qu’il soit naturel, architectural ou viticole, et sur le travail de celles et ceux qui le font vivre. Le patrimoine viticole est un patrimoine vivant. Sans les viticulteurs, il disparaîtrait. Mon travail consiste à révéler ces paysages, cette mémoire et cette continuité à travers la photographie. Cela permet de garder une trace, mais aussi de transmettre une vision entre mémoire, présent et futur. »
L’IA, « un bouleversement du paysage créatif »
Pascal Girault est reconnu pour sa pratique de la photographie infrarouge, une technique qu’il utilise depuis longtemps pour proposer une lecture différente du réel, avec un regard volontairement décalé, loin de la perception habituelle, et partage une inquiétude concernant l’intelligence artificielle. Il se dit  ouvert à son usage comme outil, notamment pour optimiser certaines tâches
mais reste très réservé sur la création d’images par IA
. Pour lui, générer une image à partir d’une simple phrase ne relève pas d’un véritable acte artistique : la création doit rester humaine et maîtriséeÂ
.
Il estime par ailleurs que l’IA menace clairement certains métiers de la création visuelle, comme le graphisme ou l’illustration et partage :  Ce qui me dérange, c’est que l’on commence parfois à confondre mon travail photographique, notamment en infrarouge que je pratique depuis longtemps, avec des images générées par intelligence artificielle. Cela n’existait pas il y a dix ans et révèle un profond bouleversement du paysage créatif.Â
« Angers, terre de vignes » est disponible en ligne : https://photopatrimoine.fr/2078333-Angers-terre-de-vignes