|
EN IMAGES. Mort de Nahel : « On se croirait en guerre civile » : nouvelle nuit d’émeutes à Angers... |
12
Nouvelle nuit d’émeutes à Angers dans le quartier de La Roseraie, vendredi soir 30 juin et samedi matin 1er juillet, quatre jours après le décès du jeune Nahel, cet ado tué par un policier à Nanterre, mardi 27 juin qui a provoqué une flambée de violences dans tout le pays. Les casseurs ont renversé puis mis le feu à des poubelles. Des voitures ont également été incendiées. © Photo CO
Commissariats de police, voitures et poubelles incendiés, affrontements avec les forces de l’ordre, agressions contre des manifestants : de nouvelles violences ont éclaté dans la nuit du vendredi 30 juin au samedi 1er juillet, à Angers, notamment dans les quartiers de La Roseraie et de Monplaisir, quatre jours après la mort du jeune Nahel, tué mardi 27 juin à Nanterre, en région parisienne, par un policier.
La tension ne retombe pas à Angers, quatre jours après le décès du jeune Nahel, cet ado tué par un policier à Nanterre, mardi 27 juin. Cet homicide a depuis provoqué une flambée de violences dans de très nombreuses villes de France. Vendredi soir 30 juin à partir de 22 heures, et surtout de 23 heures à trois heures, selon la Préfecture du Maine-et-Loire, de nouvelles émeutes ont éclaté dans les quartiers populaires de la ville mettant gravement en danger la sécurité des habitants
, souligne la Préfecture du Maine-et-Loire, dans un communiqué ce samedi 1er juillet. Des émeutes qui ont succédé aux affrontements survenus dans le centre-ville entre forces de l’ordre et casseurs en marge d’un rassemblement, pourtant interdit, contre les violences policières organisé par un mouvement lycéen devant l’hôtel de ville dès 20 heures.
Des individus violents et très jeunes
Des groupes de délinquants se sont formés dans plusieurs quartiers de l’agglomération dans l’objectif affiché de blesser, de casser et de piller. Les forces de police et de gendarmerie nationales ont été systématiquement visées par des jets de pierre ou des tirs de mortiers dans les quartiers touchés par la violence : La Roseraie, Monplaisir, Belle-Beille et Trélazé. Malgré la violence de ces individus, souvent très jeunes, qui s’en sont pris aux forces de sécurité, aucun policier, gendarme, sapeur-pompier ou policier municipal n’a été blessé
, indique la préfecture de Maine-et-Loire.
Le commissariat de police de Monplaisir incendié
Dans le quartier Monplaisir, le commissariat de police du quartier a été incendié. La police nationale est sur place ce samedi matin 1er juillet, avec les services de la mairie, dans l’attente du passage des enquêteurs et techniciens de la police judiciaire, qui doivent effectuer des constatations, avant de sécuriser les lieux. Les vitrines d’une antenne de la mairie et d’un arrêt de bus ont également été brisées.
La crèche Tom-pouce ainsi que la maison des solidarités et la PMI de Monplaisir ont aussi été victimes d’un incendie, indique la Préfecture du Maine-et-Loire.
Un habitant du quartier, journal sous le bras, constate les dégâts ce samedi matin 1er juillet : Il y a 25 ans ça n’était pas comme ça. Maintenant, dès qu’il y a un problème on casse. À quoi ça leur sert ? Il faudrait plus d’ordre
. Ça devient inquiétant, on se croirait en guerre civile
, renchérit une habitante de Monplaisir, âgée de 73 ans.

Le commissariat de police du quartier Monplaisir a été incendié dans la nuit de vendredi 30 juin au samedi 1er juillet. Photo CO – Cyprien MERCIER

Les vitrines de l’antenne de la mairie dans le quartier Monplaisir ont été brisées. Photo CO – Cyprien MERCIER

Les vitrines de cet arrêt de bus ont subi les violences des casseurs. Photo CO – Cyprien MERCIER

Rue du Petit-Verger, à côté de Pôle emploi du quartier Monplaisir, une voiture incendiée dans la nuit de vendredi 30 juin à samedi 1er juillet. Photo CO – Cyprien MERCIER
De gros dégâts à La Roseraie
Dans le quartier de La Roseraie, des voitures et poubelles ont été incendiées, et des affrontements avec la police ont éclaté vendredi soir, malgré une forte mobilisation des forces de l’ordre. Le tabac-presse de la place Jean-XXIII a ainsi été vandalisé et pillé. Le commissariat de police du quartier a aussi été attaqué. Un grillage a été forcé et un début d’incendie s’est déclaré sur une façade du bâtiment.
La préfecture ajoute que les délinquants ont incendié le rez-de-chaussée d’un Ehpad, […], et brûlé des véhicules à proximité immédiate de cet Ehpad. L’intervention des forces de police et des pompiers, entravée par des jets de pierre, a permis d’éviter que cet incendie ne cause des victimes
.

Ce samedi 1er juillet, le quartier de La Roseraie porte encore les stigmates des scènes de violences qui ont éclaté la nuit précédente. Photo CO – Cyprien MERCIER

On ne compte plus les voitures incendiées autour de la place Jean-XXIII dans le quartier de La Roseraie à Angers. Photo CO – Cyprien MERCIER

Au commissariat de quartier de La Roseraie, un grillage a été forcé et un début d’incendie s’est déclaré sur une façade. Photo CO – Cyprien MERCIER

La police scientifique et technique est sur place pour enquêter sur les dégâts survenus autour de la place Jean-XXIII dans le quartier de La Roseraie à Angers dans le cadre des émeutes qui ont éclaté dans la nuit du 30 juin au 1er juillet. Photo CO – Cyprien MERCIER

Le tabac-presse de la place Jean-XXIII a été vandalisé. Photo CO – Cyprien MERCIER

De nombreuses forces de polices ont tenté de repousser les émeutiers dans le quartier de La Roseraie. Photo CO – Alexandre GURICOLAS

La police était pourtant venue sécuriser en nombre le quartier de La Roseraie mais ça n’a pas refroidi les casseurs. Photo CO – Alexandre GURICOLAS
Des militants d’extrême-droite agressent des manifestants
L’information a fait grand bruit. Et a même fait les titres de la presse nationale. Des militants d’extrême-droite, issus du groupuscule pourtant dissous de l’Alvarium, se sont tristement illustrés dans le centre-ville d’Angers vendredi soir 30 juin. Armés notamment de batte de base-ball, ils ont agressé des militants, place Louis-de-Romain, une fois le rassemblement devant l’Hôtel de ville contre les violences policières à Angers, dispersé par la police. Des vidéos attestant de l’agression circulent sur les réseaux sociaux. La préfecture du Maine-et-Loire indique pour sa part un bref mais violent affrontement entre individus de l’ultra-gauche et de l’ultra-droite […] dispersé par les forces de police. Les sapeurs-pompiers […] ont pris en charge un blessé en urgence relative, qu’ils ont évacué vers le CHU d’Angers
.
Dans un communiqué, l’antenne départementale du parti de gauche radicale La France Insoumise dit protester énergiquement contre l’inaction de la Préfecture et des forces de l’ordre quand la violence provient de l’extrême-droite
.
?????- #Angers, des personnes d'extrême droite paradent tranquillement dans les rues avec des battes de base-ball et s'en prennent au personnes.#Emeute #etatdurgence pic.twitter.com/uVJo0eI5gz
— M@nu l'info ?? (@Manu_Officiel4) June 30, 2023
LIRE AUSSI | RÉCIT. Mort de Nahel : colère et désolation à Angers après une nouvelle nuit d’émeutes
Onze interpellations dont de très jeunes mineurs
Pour se défendre lors de ces émeutes et violences urbaines, les forces de police et de gendarmerie nationale, engagées dans ces quartiers ont fait usage d’importants moyens lacrymogènes et tirs de LBD
, signale la préfecture. Plusieurs individus ont été interpellés. Au total, 11 personnes ont été interpellées au cours de la nuit, dont de très jeunes mineurs
.
Le maire d’Angers indigné
Jean-Marc Verchère, le maire d’Angers, a condamné, ce samedi 1er juillet, les émeutes survenues dans la ville. Ces violences sont inacceptables […] J’en appelle au calme et à la responsabilité des familles
. Le maire remercie aussi les forces de l’ordre, polices nationale et municipale qui ont été à pied d’œuvre toute la nuit pour assurer notre sécurité
. L’édile salue également les pompiers et les agents municipaux.
La soirée et la nuit du 30 juin ont été marquées par de nombreuses violences et dégradations à @Angers, en particulier dans les quartiers de la Roseraie et de Monplaisir. Ci-dessous ma réaction à ces événements inacceptables ?? pic.twitter.com/1OPYwmqpuD
— Jean-Marc Verchère (@JM_Verchere) July 1, 2023
Colère et indignation face à ces scènes de désolation que j’ai pu constater en me rendant sur place #Angers pic.twitter.com/VsrSZ5n2lu
— Jean-Marc Verchère (@JM_Verchere) July 1, 2023
Le bal de la place du Ralliement à Angers annulé
En raison de ces émeutes urbaines, le bal, qui devait avoir lieu ce soir place du Ralliement dans le cadre de la grande braderie qui se tient tout le week-end dans le centre-ville d’Angers, est annulé.
LIRE AUSSI | Le ras-le-bol des commerçants après les émeutes à Angers : « Les dégâts financiers sont bien là »
Les transports en commun s’arrêtent à 21 heures
Par mesure de sécurité, et en respect des consignes de la Préfecture du Maine-et-Loire imposant une fin de service des transports publics à 21 heures, le réseau bus et tramway est interrompu ce samedi 1er juillet à partir de 21h00
, indique Irigo, le gestionnaire du réseau de transports en commun de l’agglomération d’Angers dans un communiqué ce samedi 1er juillet. Le dernier passage du tramway dans le centre-ville d’Angers, en direction Angers-Roseraie, s’effectuera à 19h30 ; à 20 heures dans la direction Avrillé- Ardenne. Les derniers bus traverseront le centre-ville vers 20 heures également.
Irigo précise : Les clients ont été avertis par des alertes info trafic par SMS, email, ainsi que sur l’ensemble de nos canaux digitaux et affichage à bord des véhicules
. Et de conclure : Nous sommes désolés pour la gêne occasionnée et remercions nos voyageurs pour leur compréhension. Ils sont invités à suivre l’état du trafic en temps réel sur notre compte Twitter : @irigobustram
.
Plus calme ailleurs dans le Maine-et-Loire
À Cholet, la nuit a semble-t-il été plus calme que la veille. À Segré et à Saumur, pas d’incident majeur à déplorer.
Ce que confirme un communiqué de la préfecture du Maine-et-Loire, ce samedi midi.
En France, Au moins 1 311 personnes ont été interpellées dans la nuit, selon un nouveau bilan du ministère de l’Intérieur, dont 406 à Paris et en proche banlieue. Quelque 1 350 véhicules ont été incendiés, 266 bâtiments ont été incendiés ou dégradés, dont 26 mairies et 24 écoles, et 2 560 feux comptabilisés sur la voie publique, selon Beauvau, des chiffres en net recul par rapport à ceux de la nuit précédente.
LIRE AUSSI | VIDÉO. Mort de Nahel : des échauffourées à Angers en marge d’un rassemblement