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Colère agricole. « C’est scandaleux » : deux agriculteurs militants du Maine-et-Loire en garde à vue... |
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50 personnes ont été interpellées après une action à Paris, dont deux du Maine-et-Loire (photo d’illustration). © CO - Laurent COMBET
52 personnes ont été placées en garde à vue après l’occupation du ministère de l’Agriculture mercredi 14 janvier.
La colère agricole ne faiblit pas. Mercredi 14 janvier, près de 150 personnes ont envahi le ministère de l’Agriculture dans l’après-midi, selon la Confédération paysanne. L’action,  sans aucune violenceÂ
d’après le syndicat, visait à dérouler des banderoles à l’intérieur de la DGPE et sur toutes les grilles du bâtiment  pour exiger la décolonisation de l’agriculture de ces lobbysÂ
, dénonçant   ne posture condescendante et néocoloniale de la part de l’État françaisÂ
subie depuis des décennies par  les paysan·nes des départements, territoires et régions d’outre-merÂ
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« La colère des paysans criminalisée »
Selon la Confédération paysanne, les manifestants et manifestantes  ont été nassé·es par les forces de l’ordre, dont la BravMÂ
, et cinquante-deux personnes, dont deux du Maine-et-Loire ont été interpellées dont les trois porte-parole nationaux et le président de la chambre d’agriculture de Guyane. Tous étaient encore en garde à vue ce jeudi matin. Le syndicat y voit une criminalisation par le gouvernement de la colère des paysan·nes.
 C’est scandaleux ce qui est en train de se passer, a réagi à chaud Tiphaine Joly, porte-parole dans le Maine-et-Loire. C’est du jamais vu. On a le droit de manifester en France. On n’a pas le droit d’être muselé comme ça.Â

« C’est absolument scandaleux », a réagi Tiphaine Joly, porte-parole de la Confédération paysanne 49 à la garde à vue de cinquante militants. CO - Laurent COMBET
Des aides injustement réparties ?
 Le mépris du gouvernementÂ
  concerne de façon exacerbée les paysan·nes des Drom, trop souvent mis à part, sans prise en compte des spécificités de leurs territoiresÂ
. Le syndicat demande la libération immédiate des personnes placées en garde à vue mais aussi la refonte des aides du POSEI (Programme d’Options Spécifiques à l’Eloignement et à l’Insularité) dont il juge la répartition injuste,  pour lutter contre la concentration des aides dans les mains de quelques grands groupes agroindustriels et famillesÂ
, particulièrement dans les filières banane et canne-sucre-rhum. La Confédération paysanne estime urgente l’augmentation significative dès 2026 des enveloppes agricoles pour la Guyane et Mayotte.
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Rassemblement à Angers
La section Maine-et-Loire de l’organisation syndicale appelle à un rassemblement devant la préfecture d’Angers ce jeudi 15 janvier à 12h30  pour demander leur libération et dénoncer cette répression syndicaleÂ
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