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Chemillé-en-Anjou. La Sorinière, chargée d’histoire(s)1 |
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Le château et l’arrestation des dames de la Sorinière – extraits du vitrail de d’Elbée – Clichés et montage J-C Michon.
Deux tours médiévales, une chapelle inscrite aux Monuments historiques, une lignéede Du Verdier guillotinés ou fusillés : La Sorinière est haut lieu historique à plus d’un titre.
Le château de la Sorinière, entouré de dépendances et de feuillus, est difficilement visible de la route en été. Mais à l’automne, une fois les arbres totalement dénudés, il devient possible de l’apercevoir, par sa façade sud, à la hauteur du bois Sainte-Anne sur la D124, en venant de Chemillé. L’accès au château par cette voie n’existe plus aujourd’hui.
L’édifice cache pourtant quelques trésors, dont deux tours médiévales encadrant le pont-levis qui permettait jadis de franchir la douve, toujours en eau. La Sorinière abrite également une chapelle inscrite depuis le 6 février 1921 aux Monuments historiques (MH) pour ses peintures : la Nativité, l’Adoration des Mages, Saint-Christophe (sources : Archives du ministère de la Culture).
Marie de Pierres, épouse de François de Brie, est la première dame de la Sorinière relevée vers 1450. Quatre générations plus tard, quand Renée de Brie épouse Michel d’Escoublant, le château passe à René d’Escoublant (1598-1634), époux de Catherine Jousseaume. Puis Marie d’Escoublant apporte la terre de la Sorinère à François du Verdier, en 1669.
Sur les vitraux de l’église Saint-Pierre, les Du Verdier
Trois générations plus tard, on trouve Claude François du Verdier de La Sorinière (1701-1784), président de l’Académie d’Angers.
Dans l’Anjou historique (année 1905-1906), il est indiqué que son petit-fils Henri Charles Gaspard du Verdier de la Sorinière est porté guillotiné à Saumur, le 25 octobre 1793. L’historien François Constant Uzureau retranscrit des détails sur l’arrestation, le procès et la mort d’Henri-Charles-Gaspard du Verdier de la Sorinière. Malgré ses allégations, il restera considéré et jugé comme étant l’un des chefs de l’Armée catholique et royale (pages 260-277).
L’église de Saint-Pierre de Chemillé, dans sa nef haute à gauche, rend hommage aux Du Verdier de la Sorinière, sous le grand vitrail représentant d’Elbée parlant aux Vendéens. On y trouve l’arrestation, au Longeron, de Marie de la Dive de la Davière, veuve Du Verdier, ses deux filles, sa belle-sœur et sa domestique ; puis Mme du Verdier sur l’échafaud, le 26 janvier 1794, en présence de Rosalie du Verdier (Sœur Céleste du Calvaire).
La troisième scène représente la fusillade au Champ des Martyrs d’Avrillé, près d’Angers, où sont présentes les deux demoiselles du Verdier, Catherine et Marie-Louise, le 10 février 1794.
Un décret proclamant le martyre de 99 des victimes d’Avrillé est rendu le 9 juin 1983. Leur béatification intégrant les quatre du Verdier est célébrée le 19 février 1984.
Janvier et février, sont donc les mois anniversaires de la disparition des bienheureuses dames et demoiselles du Verdier, arrêtées avec leur domestique Françoise Fonteneau, le 19 janvier 1794 ; mais aussi ceux du massacre de la famille Rochard, leurs métayers, présente dans la ferme de la Sorinière attenante au château, au passage à Chemillé de la colonne de Courzat, le 24 janvier de la même année (homélie du pape Jean-Paul II, Basilique Vaticane – dimanche 19 février 1984).
Merci pour le rappel du massacre de mes aïeux à la ferme du château de la Sorinière, le petit rescapé Jean Louis Rochard étant l'arrière grand père de mon père.
Rochard Marie Odile