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Chalonnes-sur-Loire. La tombe d’un mort pour la France rénovée... |
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Le comité Loire-Layon-Aubance du Souvenir français a dévoilé la première des six tombes de soldats rénovées par la commune. © CO
Le comité Loire-Layon-Aubance du Souvenir français a lancé son projet de rénovation de six tombes de Chalonnais morts pour la France. À l’occasion de la commémoration du 11-Novembre, le comité a dévoilé la première tombe rénovée. Celle de Pierre Bureau. Mobilisé en 1914 à la caserne Tharreau à Cholet, au 21e jour de la mobilisation, il aurait pourtant pu ne pas partir à la guerre. Les séquelles d’une pneumonie auraient pu l’en exempter. Mais c’eut été bafouer sa conception du devoir patriotique,
explique sa famille, lors de la cérémonie du 11-Novembre. Cette guerre ne devait pas durer. Pour notre grand-père, elle ne dura que quelques mois.Â
Lorsqu’il monte au front, le train s’arrête quelques minutes à Chalonnes. Sa femme Angélique et ses deux fils, Pierre (6 ans) et Paul (2 ans), ont juste le temps de l’embrasser pour la dernière fois. Sept semaines plus tard, il est blessé par un éclat d’obus à Ypres en Belgique. Évacué, il adresse à sa femme ces quelques mots sur une carte de correspondance militaire : « Je reviens de Belgique avec une blessure. Suis en ce moment dans un train sanitaire qui m’emmène dans un hôpital de Bretagne. Je t’écrirai sitôt arrivé. »
De l’hôpital de Rennes, il fait écrire, le 24 novembre 1914 par un de ses compagnons d’infortune, une nouvelle lettre : « Ma chère petite femme, je te fais écrire deux mots parce que je ne puis le faire moi-même, étant blessé au bras droit. Ne t’affole pas, parce que ce n’est rien de grave. D’ici une quinzaine, je pourrais t’écrire moi-même. J’espère que toi et les enfants, vous êtes en bonne santé. J’attends vivement de tes nouvelles et en attendant, je vous embrasse tous bien fort.
Ton mari qui t’aime bien. »
Il meurt quinze jours plus tard, le 2 décembre 1914, de la gangrène.  Ce jour-là , notre grand-mère Angélique avec ses deux petits voit arriver Lucien Frémy, le maire de Chalonnes, vêtu pour l’occasion de sa redingote et coiffé de son haut-de-forme. Elle comprend et s’effondre. Cette scène a marqué d’une façon indélébile la mémoire du petit Pierre. Il ne me l’a raconté qu’une seule fois
, relate la famille. Pierre Bureau, notre grand-père, gît ici depuis 111 ans et nous fleurissons toujours sa tombe. Pour nous, c’est un devoir et une façon de crier : Plus jamais ça !Â