Accueil Info Info en continu Célèbre pour son sel de table, cette ville de l’Ouest utilise les rebuts pour lutter contre la neige et le verglas

Célèbre pour son sel de table, cette ville de l’Ouest utilise les rebuts pour lutter contre la neige et le verglas

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photo  pour lutter contre la neige et le verglas, le sel demeure très efficace. ici, les agents de la voirie dans les rues de guérande, mardi 6 janvier, à 8 h.  ©  ouest-france 1

Pour lutter contre la neige et le verglas, le sel demeure très efficace. Ici, les agents de la voirie dans les rues de Guérande, mardi 6 janvier, à 8 h. © Ouest-France

Le saviez-vous ? Le salage des routes verglacées ou à déneiger utilise du sel de mine et parfois du sel de Guérande (Loire-Atlantique). Ces rebuts de production sont impropres à la consommation.

Le sel de consommation de Guérande ne sert pas à faire fondre la neige et le verglas… Le chlorure de sodium, NaCl pour les intimes, est pourtant étalé en quantités astronomiques sur les routes de France.

À la coopérative de sel Le Guérandais, on n’aime pas parler de sel de déneigement. Mauvais pour l’image de marque si flatteuse d’un sel artisanal à haute valeur ajoutée. D’où son label IGP obtenu dès 2012, chantant les qualités de ses trois produits de base. Le gros sel, le sel fin de table et la fleur de sel, fers de lance de cette pratique millénaire qui compte 450 paludiers en Loire-Atlantique, dont 225 coopérateurs. Laurent Seriat, directeur général depuis 2020, n’aimerait pas une confusion entre sel alimentaire et fondant à neige :  Cela n’a rien à voir ! 

Petite révision : sur la façade atlantique, le sel est issu des marais salants par évaporation, grâce au soleil et au vent (et à l’huile de coude des paludiers), de surfaces d’eau de mer de plus en plus concentrées en sel dans les salines. On y récolte le gros sel cristallisé au fond. L’autre produit, extrait en toutes petites quantités, vingt fois moins que le gros sel, est la savoureuse fleur de sel nageant en surface, vendue dix fois plus cher que le gros sel. Le gros sert à produire le sel fin, une fois moulu.

Le sel de déneigement constitue  le rebut du gros sel impropre à la consommation », car il n’est pas dans les critères de l’IGP, affirme le directeur :  Nous avons un cahier des charges avec beaucoup de contraintes et notamment la granulométrie. S i le grain est supérieur à 8 mm », il ne peut pas être moulu. Il est stocké,  sinon, il irait à la poubelle ».

Le sel de déneigement ? 0,8 % du volume récolté

Lundi 6 et mardi 7 janvier, un ballet de camions a enchaîné les allers et retours pour puiser le sel de déneigement dans la coopérative, à Guérande. Et encore, tout le monde n’a pas pu avoir son compte :  On sert habituellement les communes de Cap Atlantique, La Baule, Guérande, La Turballe, Le Pouliguen… On a eu aussi Saint-Nazaire, Montoir-de-Bretagne, Saint-André-des-Eaux. Et des demandes de Cholet et Angers », énumère Laurent Seriat.

Les quantités ne sont pas phénoménales. Le patron du Guérandais ne souhaite pas  communiquer les chiffres, pour éviter de donner des renseignements à la concurrence sur [ses] process . On apprendra seulement que le sel de consommation représente  98 % des 13 000 à 14 000 tonnes de sel produit  et que le sel de déneigement pèse  0,8 % du volume total ». La calculette affiche un maximum de 112 tonnes de rebut par an…

C’est surtout une façon de s’en débarrasser intelligemment car, question chiffre d’affaires, cela s’avère dérisoire…  Cela ne paye même pas le coût de la prestation pour charger les camions, comme on a fait lundi et mardi, assure Laurent Seriat. Je perds de l’argent sur ce produit. 

Alors, à qui sont ces monceaux de sel qui salent ces chaussées verglacées ?Entre 750 000 et un million de tonnes par hiver en France… Les plus grandes quantités proviennent de sels récoltés industriellement, parfois dans des mines gigantesques, comme à Varangéville, près de Nancy, ou en Allemagne… Du sel très bon marché arraché à la machine, issu de mers existant il y a plus de 200 millions d’années.

Un bémol toutefois aux avantages de ce produit naturel et bon marché (80 € à 100 € la tonne) : il pollue. Le chlorure de sodium tue la végétation et les animaux, se dilue dans les sols et les nappes phréatiques. À La Baule, on utilise un mélange de sel et de sable, c’est mieux que le sel pur utilisé dans la capitale de l’or blanc. Ailleurs, on sable ou on épand gravier et pouzzolane, une roche volcanique naturelle.

 
Michel Oriot    Ouest-France  

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