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Angers. Mise en cause dans un accident mortel, la conductrice était sous anxiolytique... |
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Angers. Mise en cause dans un accident mortel, la conductrice était sous anxiolytique
A Bécon-les-Granits, le 4 octobre 2018, un jeune de 14 ans en scooter était décédé dans une collision frontale avec une voiture.
La maman a dit aux gendarmes que Nolan était « un bon petit gars, respectueux et gentil »
.
Ce matin du 4 octobre 2018, elle lui avait dit : « À midi »
et Nolan avait pris son scooter pour aller chez un garagiste de Bécon-les-Granits où il était fier, sans doute, de suivre son premier stage, du haut de ses quatorze ans.
Elle a commencé à s’inquiéter vers 12 h 25, car Nolan aurait dû être à la maison, déjà. Puis, elle a entendu la sirène du véhicule des pompiers. Et elle a eu un pressentiment affreux. La maman a sauté dans sa voiture et suivi les pompiers. L’accident était un peu plus loin, sur cette route étroite et pleine de virages qui va vers Bécon, au lieu-dit Le Haut-Gaucron.
Une sale route
Ce jour-là, les pompiers ont pris en charge trois personnes : une maman en état de choc devant le corps sans vie de son fils et aussi une conductrice prostrée qui fut également hospitalisée. Pour Dolan, hélas, il n’y avait plus rien à faire. Dans un virage, une Dacia avait croisé sa route, sans qu’on sache qui n’était pas à sa place. Choc frontal. Il a fait un vol plané de 15 mètres avant de heurter le sol. Les témoins avaient tenté de lui pratiquer un massage cardiaque. Sans succès.
Cet épouvantable accident était jugé ce lundi devant le tribunal correctionnel. Entre Villemoisan et Bécon, c’est une sale route, tout le monde l’a dit : étroite, pleine de virages et d’automobilistes qui roulent trop vite.
Anxiolytique à haute dose
Mais, devant le tribunal, le problème n’était pas là. Il était dans la dose phénoménale de médicaments retrouvé dans les analyses sanguines de la conductrice, particulièrement d’un anxiolytique appelé le Nordaz en concentration « toxique »
selon les expertises.
À la barre ce lundi, cette dame tremblait comme une feuille, au point qu’on l’a priée de s’asseoir. À l’époque, elle était soignée pour dépression mais, depuis, cette enseignante spécialisée a repris son travail. Des mois avant l’accident cette maman de deux enfants, âgée de 47 ans, avait plongé dans une sévère dépression après plusieurs drames familiaux. Les habitants du village qui la voyaient marcher, hagarde, l’avaient surnommée « la zombie ».
« Mais j’allais beaucoup mieux. Au contraire, il était question que je reprenne mon travail. Je n’avais presque plus de crise d’angoisse. »
Six mois sursis requis
Mais alors, d’où venaient ces doses telluriques ?
Deux hypothèses se sont confrontées ce lundi devant le tribunal correctionnel.
« Elle a pris ces produits dans les minutes qui suivaient l’accident »
, a expliqué Me Pascal Rouiller en défense, en plaidant la relaxe. « Puisqu’elle allait bien avant l’accident, pourquoi emporter une telle quantité de médicaments ? »
a contredit la procureure Carol Dugast qui a requis six mois de prison avec sursis et 18 mois de suspension de permis. Pour la famille de Nolan, c’est très clair : « Elle prenait régulièrement des médicaments dans des doses bien supérieures à ses prescriptions médicales »
, a plaidé Me Sophie Lovaert-Pessardière.
Sur les boîtes de médicaments, il y a des « picto » qui recommandent de ne pas conduire. La dame a dit qu’elle ne savait pas.
Délibéré le 13 janvier.