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« Pour créer, il faut vraiment y croire » : près d’Angers, les inquiétudes d’un collectif d’artistes... |
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Philippe Lefèbvre, alias Flop, et Loredana Lanciano, deux des artistes du collectif Zur, dans le jardin illuminé, le 26 septembre, avant la présentation d’une étape de leur nouvelle création, Focus. © Ouest-France
Les 15 artistes de ZUR, à Saint-Barthélemy-d’Anjou (Maine-et-Loire) aiment les défis. Ils se sont lancés dans une nouvelle grosse création, Focus, en espérant avoir des dates et le budget.
Un collectif d’une quinzaine d’artistes intermittents, dirigé par Philippe Lefèbvre et Loredana Lanciano, fait face à des coupes budgétaires de 22 500 €, soit 8 % de leur budget total. Malgré cette réduction, ils ont choisi de conserver un emploi administratif et de réduire les salaires des artistes. Entretien avec Loredana Lanciano et Philippe Lefèbvre (alias Flop), artistes du collectif ZUR.
Vous êtes un collectif important d’une quinzaine d’artistes intermittents. Comme toutes les compagnies, vous avez subi des coupes budgétaires. Comment faites-vous face ?
Philippe Lefèbvre : On a 22 500 € en moins, ce qui représente 8 % de notre budget total. Quand la nouvelle est tombée, on venait d’embaucher un emploi administratif. On a décidé de le garder et de faire des économies sur les salaires des artistes. Nous sommes dans le même bateau, on essaye d’être attentifs aux besoins des autres.
Loredana Lanciano : On a la chance que les autres tutelles nous suivent, le ministère, la Ville qui met le terrain à notre disposition, la Drac (Direction régionale des affaires culturelles).
Alors, quel est le plus gros impact ?
P. L. : Il est artistique. Toutes les compagnies ont 50 % de dates en moins. Les théâtres réduisent leur programmation, donc on a moins d’occasions de montrer nos spectacles. Il y a moins de rencontres avec le public. On assiste à un appauvrissement du foisonnement artistique. On est pris dans une réaction en chaîne.
Pourtant, vous travaillez actuellement sur une grosse création, Focus, pour 15 ou 16 personnes…
L. L. : Oui, c’est un spectacle in situ, conçu collectivement sur le thème du feu, du volcan, de la chaleur. Mais c’est une création à géométrie variable. On a fait une première présentation, avec seulement 8 artistes. C’est un pari, on n’est pas sûrs d’y arriver, on n’a pas une seule date pour l’instant, et le budget n’est pas bouclé. Pour créer, il faut vraiment y croire !
Vous faites aussi beaucoup d’ateliers auprès de publics divers. Vous continuez ?
L. L. : Oui, à l’automne et au printemps, on va créer un spectacle avec des ados du Cézam. On a un partenariat avec le lycée du Fresne, et on poursuit avec Agrocampus. Et le vendredi, nous accueillons des groupes qui font vivre le jardin.
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P. L. : Beaucoup de gens passent. Ces ateliers sont nourrissants, on aime bien ces échanges. On a voulu rester aux Fresnaies pour faire de ce tas de cailloux, moche et aride, un jardin merveilleux. On avance.