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« Parler de la terre et de ceux qui y vivent » : Édouard Bergeon a présenté son film au Cinéville de Lorient... |
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Édouard Bergeon était mardi 3 février au Cinéville pour parler de Rural, son premier documentaire en long-métrage, coécrit avec Ludovic Gaillard et le sociologue François Purseigle. © Ouest-France
Après Au nom de la terre traitant des difficultés du monde agricole, Édouard Bergeon a présenté son nouveau film mardi 3 février 2026, au Cinéville de Lorient (Morbihan). Dans Rural, il suit Jérôme Bayle au fil des événements de la crise agricole de 2024 et de la naissance des Ultras de l’A64. Un hommage à la ruralité vivante, à la transmission et à la force du collectif.
C’est le personnage central de ce long-métrage qui nous plonge dans un monde rural en souffrance : Jérôme Bayle, éleveur du Sud Ouest, est le symbole du combat mené en 2024 par des agriculteurs ayant décidé de bloquer l’autoroute A 64 par 200 tracteurs, près de Carbonne, en Haute-Garonne. Ce blocage n’a pas tardé à se répandre dans tout le pays.
« Son combat est principalement celui du maintien du métier »
Dans son nouveau film, Rural, qu’il a présenté mardi 3 février au Cinéville de Lorient (Morbihan), Édouard Bergeon suit ce personnage charismatique de la ruralité. « Jérôme est quelqu’un d’assez atypique,
déclare le réalisateur. Il parle à tout le monde et avec le même naturel à la classe politique, aux syndicalistes de tous bords, aux simples citoyens ou au Président… Son combat est principalement celui du maintien de ce métier. Il le dit clairement et avec le sourire : “On ne mérite pas de crever !” Il faut aussi souligner que le mouvement des Ultras de l’A64 n’est ni un syndicat, ni un parti politique, mais une association de territoire et c’est une grande nouveauté ! On a vraiment le sentiment que les Français aiment l’agriculture, mais de moins en moins les agriculteurs »
Ce long-métrage, qui sortira en salles le 4 mars, est un vrai documentaire de cinéma et Édouard Bergeon le filme comme tel, au fil de séquences choisies et d’un montage très efficace. C’est un moment particulier des colères du monde agricole. Je voulais parler de cette ruralité, de ceux qui la vivent au quotidien et sur un temps plus long. C’est en fait un cinéma du réel. »
Un monde que le réalisateur connaît bien, puisqu’il en est issu. « Avec Jérôme, nous avons de nombreux points communs et notamment celle de notre histoire familiale. Le contact s’est établi très vite entre nous. Je l’ai beaucoup écouté, sans poser de questions précises. C’est quelqu’un de très sincère qui, de plus, ne manque ni d’humour, ni de sens de la répartie ! »