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« Je suis née à l’époque de la charrette à bras » : à 100 ans, Camille Gayet raconte son village de l’Anjou... |
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Camille Gayet, 100 ans, vote toujours pour sa commune de Cheffes. © CO
La doyenne de Cheffes (Maine-et-Loire) Camille Gayet, 100 ans, revient sur sa vie, des temps ruraux du XXe siècle à l’ère du numérique.
Camille Gayet est née le 1er décembre 1925 à Cheffes (Maine-et-Loire). La jeune centenaire, doyenne de la commune, partage ses souvenirs.
Vous êtes une enfant du pays…
Camille Gayet : « Je suis issue d’une fratrie de cinq enfants. Nous avons été élevés par des parents qui avaient peu de moyens : une maison de deux pièces, une vache, quelques lopins de terre. Mais ils avaient beaucoup de courage et nous ont transmis des valeurs importantes. Je suis née ici, tout comme mes parents. Je suis très attachée à ce village, malgré les blagues de notre jolie rivière qui déborde parfois. Cette année, j’avais peur de la crue, et elle est arrivée. »
« Avant, il y avait une proximité et une solidarité très fortes »
Parlez-nous de votre mariage…
« Je me suis mariée en 1946 avec Serge Gayet. Il sortait tout juste de la guerre (la Seconde Guerre mondiale, N.D.L.R.). Il a combattu dans la 2e division blindée aux côtés du maréchal Leclerc et a été reconnu comme héros de cette guerre. Il a été doublement médaillé pour des faits héroïques. Ensemble, nous avons eu six enfants. »
Avez-vous vu votre village changer ?
« Oui, beaucoup. La population a changé et les habitants ne se connaissent plus aussi bien qu’autrefois. Avant, il y avait une proximité et une solidarité très fortes. »
Votre famille a également connu une grande longévité…
« Oui, mes deux sœurs nous ont quittés à 100 ans et demi. Je tâcherai de faire mieux ! »
Quel regard portez-vous sur le monde d’aujourd’hui ?
« Je suis née à l’époque de la charrette à bras, et je quitterai ce monde à l’époque de l’image artificielle. Tout va très vite. »