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Vous souhaitez vous passer de Microsoft, Google, ChatGPT ou WhatsApp ? Voici des alternatives européennes... |
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Le logo de Mistral AI devant un écran affichant Le Chat, en janvier 2025. © JEAN-MARC BARRERE / HANS LUCAS VIA AFP
Les outrances et menaces de Donald Trump ont mis en lumière la dépendance des pays européens aux technologies américaines. Pourtant, pour les particuliers, des solutions européennes permettent souvent de se passer des services de Google, Microsoft, Meta et consorts.
Ils n’existaient pas il y a vingt ou trente ans mais sont devenus incontournables, sinon indispensables. À l’heure où l’alliance atlantique, fragilisée par Donald Trump, bat de l’aile, les acteurs de la tech américaine sont devenus l’éléphant dans la pièce. Les tensions géopolitiques ont effectivement fait ressortir le poids démesuré pris par Google, Microsoft, OpenAI ou autres Meta dans nos pratiques, collectives ou personnelles. Avec la crainte que leurs produits deviennent les éléments d’un chantage américain ou, tout, simplement qu’ils soient coupés en cas de conflit ouvert.
Mais de nombreux services européens, pas toujours très connus, permettent de se passer des outils états-uniens, et de renforcer la souveraineté numérique du Vieux Continent. Florilège.
Système d’exploitation : Linux à la place de Microsoft
La solution n’est pas à proprement parler européenne mais elle permet quand même de se passer des services du Windows de Microsoft ou du MacOS d’Apple. Depuis plusieurs années, Linux, un système d’exploitation développé en sources ouvertes (qui peut donc être utilisé, modifié et diffusé par tous les développeurs) s’est imposé comme la grande alternative au célèbre système d’exploitation de Microsoft.
À titre d’exemple, la gendarmerie française utilise GendBuntu, un système d’exploitation Linux spécialement développé pour ses services, qui sont donc, sur ce point au moins, indépendants de Microsoft.
Moteur de recherche : Qwant ou Ecosia à la place de Google
Si Google est devenu la porte d’entrée vers le web de l’écrasante majorité des internautes européens (et mondiaux), plusieurs entreprises du Vieux Continent fournissent des services approchant.
Parmi elles, on retrouve notamment le français Qwant. Certes, ce moteur de recherche s’appuie en partie sur Bing, le moteur de recherche de Microsoft. Mais il est conçu par une entreprise française qui peut donc en retirer des bénéfices. Il est aussi possible d’utiliser Ecosia, moteur de recherche allemand qui, s’il se base aussi sur des technologies américaines, promet de planter des arbres pour compenser l’empreinte carbone des recherches sur le Net.
En 2024, les deux acteurs se sont associés pour créer une vraie technologie européenne en matière de recherche sur le web, afin de sortir totalement de l’emprise américaine dans ce domaine.
IAÂ : Mistral AI Ã la place de ChatGPT
Si vous avez pris l’habitude de vous fier à ChatGPT pour trouver réponses à certaines questions, il vous est aussi possible de vous référer au Chat, le robot conversationnel dopé à l’IA de la start-up française Mistral AI, leader européen de l’intelligence artificielle.
Surtout dédiée à l’aide aux entreprises, la solution de la start-up francilienne, valorisée à plus de 14 milliards de dollars, représente toutefois une belle alternative au robot conversationnel d’OpenAI.
Mail : Proton Mail à la place de Gmail
Concernant les mails, c’est la Suisse qui offre la solution européenne la plus crédible, avec Proton Mail. Créé par des anciens du Cern, ce service entièrement chiffré a été lancé en 2014, après les révélations de l’espionnage massif perpétré par la NSA, l’agence de sécurité américaine.
De nombreuses autres entreprises européennes fournissent des services de mail, notamment le Français Mailo ou les Allemands mailbox et Posteo. La plupart offrent également des services annexes comme des calendriers ou des services de Drive.
Messagerie : Olvid à la place de WhatsApp
La France a par ailleurs donné naissance à une alternative à WhatsApp, l’application de messagerie développée par Meta. Cette application s’appelle Olvid et est utilisée dans plusieurs institutions françaises. En 2022, un partenariat entre le Raid et Olvid avait également été annoncé. Là encore, si l’entreprise est effectivement française, la solution n’est pas totalement indépendante, puisqu’une partie des données est stockée dans des datacenters fournis par AWS, la filiale cloud d’Amazon.
À noter que la start-up rennaise Treebal fournit également un service équivalent à celui de WhatsApp et se revendique souveraine et le plus écologique possible.
Cloud : OVH à la place d’AWS ou de Microsoft Azure
Le cloud et les infrastructures de stockage de données en général sont l’une des grandes faiblesses numériques européennes. Globalement, ces clouds sont aux mains des acteurs américains comme Microsoft Azure, Amazon AWS ou Google Cloud.
Néanmoins, là encore, des solutions européennes existent, notamment le Français OVH, l’Allemand Ionos ou le Suisse Exoscale. Certaines entreprises ont aussi la possibilité de développer leurs propres infrastructures de stockage.
Réseaux sociaux : Mastodon ou BeReal à la place de X, Facebook ou Instagram
Des alternatives européennes aux réseaux sociaux des GAFAM et autres groupes américains existent également. La principale est Mastodon, plateforme de micro-blogging similaire à X fondée par un jeune Allemand dès 2017.
Autre réseau social européen : le Français BeReal, fondée en 2020, qui se veut un concurrent d’Instagram mais dit vouloir préférer la spontanéité aux contenus souvent très préparés du réseau social américain.
Bureautique : LibreOffice à la place de Microsoft Office
Pour remplacer les célèbres logiciels Excel, Word ou PowerPoint de Microsoft, il est notamment possible d’opter pour Libre Office.
Cette suite bureautique conçue en open source (dont le code est donc libre d’accès pour les développeurs) est développée par une fondation allemande. Elle propose globalement les mêmes services que les logiciels américains et son utilisation est tout aussi aisée, moyennant quelques réflexes à prendre ou modifier.
Vidéo : Dailymotion à la place de YouTube
L’entreprise n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était à la fin des années 2000, quand elles paraissaient être un concurrent direct de YouTube. Mais la française Dailymotion existe toujours.
L’entreprise fondée en 2005 reste une solution utile pour mettre en ligne ses vidéos, et pour visionner celles diffusées par d’autres acteurs. En revanche, même si de nombreux médias français l’utilisent, son écosystème de créateurs de contenus reste moins développé que celui de YouTube.