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VIDEO. Identitaires et antifascistes : deux mondes se sont opposés à Angers... |
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Une quinzaine d’associations, collectifs, syndicats, organisations politiques mais aussi des citoyens ont défilé, ce samedi après-midi, dans les rues d’Angers © Ouest-France
500 personnes ont manifesté, ce samedi 24 février à Angers, contre le bar identitaire l’Alvarium, lieu de rencontre de militants d’extrême droite. Deux mondes se sont affrontés, sous l’œil de nombreux CRS mobilisés pour l’occasion.
Samedi, 15 h et des poussières. Devant la Bourse du travail, à deux pas de la place Imbach, les individualités rejoignent le collectif. Tranquille.
L’appel lancé par le Réseau antifasciste angevin (Raaf) a été entendu. Sous le soleil et un petit vent frisquet, on attend. Patiemment.
On prend des photos, on se claque la bise, on discute. Il y a des jeunes, des vieux, deux, trois poussettes. Quelques dizaines de mètres plus loin, une quinzaine de policiers surveillent.
« Il y a du monde », relève cette passante. Puis elle soupire. « Malheureusement, il n’y aura jamais assez de monde contre le fascisme. » 500 personnes, quand même.
500 personnes mobilisées contre l’Alvarium, le bar identitaire ouvert il y a un mois, avenue Pasteur à Angers. Les représentants de plus d’une quinzaine d’associations, collectifs, syndicats et organisations politiques sont là. Des citoyens, aussi.
"Le fascisme, c’est la gangrène ; on ampute, ou on en crève !"
Comme Thierry, la quarantaine. « Ces gens qui répandent la haine n’ont rien à faire à Angers », dit-il. Henri-Claude, lui, est venu spécialement de Segré. Il rigole. « Il faut bien qu’on descende à la ville, de temps en temps. »
Le cortège s’élance, direction l’avenue Pasteur. Les banderoles s’étalent, les slogans sortent des poitrines déterminées. « Le fascisme, c’est la gangrène ! On ampute, ou on en crève ! »
Encadrés par un important dispositif policier, les manifestants se dirigent vers le haut de l’avenue Pasteur. On donne de la voix, on sort quelques fumigènes.
L’accès au bar bloqué
Mais arrivé à quelques mètres de l’Alvarium, le cortège se heurte à un mur bleu nuit. Casqué. Une trentaine de CRS bloquent la rue et l’accès au local. Plus personne n’est autorisé à passer. Accoudés à la rambarde de la terrasse du bar, localisé dans un appartement, une poignée de militants identitaires attendent, eux aussi.
Petit à petit, l’ambiance se tend. Les manifestants se rapprochent des CRS. Des deux côtés de la frontière policière, on se provoque, on fait pleuvoir les insultes. On joint les gestes à la parole. Deux mondes s’opposent et s’invectivent, mais sans violences physiques.
Béchu interpellé
Au bout d’une vingtaine de minutes, les militants antifascistes rebrousseront finalement chemin, pour se diriger vers la mairie. Objectif : interpeller le maire, Christophe Béchu, « pour exiger qu’il prenne une position, claire et ferme, par rapport à ce bar ».
Avant de quitter l’avenue Pasteur, des mots sont lâchés, à l’attention des occupants de l’Alvarium. Des mots qui laissent à penser que la manif d’hier n’est qu’un épisode. « On reviendra ! »