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Verrières-en-Anjou. Quand l’ancienne église a disparu... |
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Un groupe d’ouvriers bâtisseur de la nouvelle église. © Archives
En 1912, la nouvelle église est enfin bénite après plusieurs décennies de projets et de retards. L’ancienne, entame une lente dégradation jusqu’à sa démolition.
Épisode 2
Voici une série d’articles réalisée à partir de l’ouvrage sur les deux églises de Saint-Sylvain-d’Anjou (commune déléguée de Verrières-en-Anjou), écrit par Cyprien Joncheray, ancien instituteur décédé en 2008. Lui et son épouse Marie étaient très actifs dans la commune. Il a fait partie de la commission histoire au sein de l’association Culture et loisirs.
Trois ans après la pose de la première pierre, la nouvelle église de Saint-Sylvain s’élève fièrement au cœur du bourg. Les travaux, menés avec des moyens modestes mais constants, ont avancé rapidement. Les murs et les voûtes sont achevés, la charpente installée, et le clocher attend encore son beffroi et sa flèche, prévus pour plus tard.
La bénédiction solennelle a lieu le 28 avril 1912. Mgr Rumeau, évêque d’Angers, délègue son vicaire général, Mgr Baudriller, pour présider la cérémonie. Curieusement, les archives paroissiales et municipales restent presque muettes sur cet événement attendu depuis si longtemps.
Un seul détail est conservé : le lendemain de la bénédiction, six couples de la paroisse fêtent leurs noces d’or dans la nouvelle église. Une quête spéciale est organisée pour offrir à l’église un pendule commémoratif, souvenir de cette journée. Cet épisode marque la première grande célébration dans l’édifice neuf.
Le mobilier provient pour l’essentiel de l’ancienne église : chaires, confessionnaux, harmonium et bancs, acquis pour 508 francs. Les vitraux filtrent désormais la lumière sur des murs encore neufs. Peu à peu, la vie paroissiale s’organise autour du nouveau bâtiment, qui devient le centre des cérémonies religieuses et de la vie communautaire.
L’ancienne église, quant à elle, est laissée vacante. En mars 1913, le maire, M. Repussard, demande la restitution des clés par le sacristain, acte qui marque la fin officielle de son usage cultuel. Durant la Première Guerre mondiale, elle sert d’abri pour les chevaux du 19e régiment de chasseurs à cheval cantonné à Saint-Sylvain. Après 1918, elle accueille des représentations théâtrales organisées par le patronage, avant de tomber lentement en ruine.
Les vitraux brisés, le clocher instable et les dégradations répétées conduisent la municipalité à décider la vente du bâtiment et de son terrain en 1925. La démolition a lieu vraisemblablement vers 1928. Sur cet emplacement, resté longtemps vacant, sera plus tard édifié le relais culturel.