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Variole du singe : face à une épidémie en hausse, le CHU d’Angers accélère la cadence... |
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Au CHU d’Angers, les personnes à risque peuvent se faire vacciner les mercredis, jeudis et vendredis. © Catherine Jouannet
D’ici la fin de semaine, le Maine-et-Loire devrait enregistrer huit cas positifs de variole du singe. La situation s’aggrave en France et pousse les centres hospitaliers à réagir. À Angers (Maine-et-Loire), le CHU propose aux personnes à risque de se faire vacciner.
Pourquoi ? Comment ?
On pourrait parler d’une bombe à retardement. En France, la variole du singe (Monkeypox en anglais) est bien loin d’être un mauvais souvenir. Pire, « la courbe des cas positifs incite à penser qu’il faut vite s’en inquiéter », commence le docteur Yves-Marie Vandamme, spécialiste des maladies infectieuses au CHU d’Angers.
Quel est le nombre de cas en Maine-et-Loire ?
Le 21 juillet dernier, Santé publique France recensait 15 cas positifs dans les Pays de la Loire. Un chiffre faible au vu des 1 570 cas confirmés en France. « Pourtant, reprend le docteur Yves-Marie Vandamme, dans le Maine-et-Loire, on observe un taux d’incidence en hausse rapide. En début de semaine, on comptait cinq cas avérés. Ils seront certainement huit en fin de semaine. »
Qui est principalement concerné par la maladie ?
Face à la recrudescence des cas, le CHU d’Angers l’assure, il est possible pour toutes les personnes à risque d’accéder rapidement à la vaccination. Elles sont réparties en trois catégories : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes multipartenaires, les personnes en situation de prostitution et celles exerçant dans les établissements de sexe.
Comment s’organise la vaccination ?
Depuis la mi-juillet, le CHU d’Angers met à disposition des créneaux de vaccination les mercredis, jeudis et vendredis. Pour obtenir un rendez-vous, le numéro de téléphone 02 41 35 39 30 oriente l’interlocuteur vers une infirmière habilitée à s’assurer des critères d’éligibilité de l’individu. « Il n’y a pas d’obligation de se faire vacciner, précise le docteur Vandamme, c’est au libre choix de chacun. » Toutefois, près de 200 doses du vaccin Imvanex sont préparées en prévision.
Combien de créneaux de vaccination sont ouverts ?
« La semaine dernière, les créneaux étaient ouverts à 45 personnes. Cette semaine, le CeGIDD (centre de dépistage en santé sexuelle), s’organise pour recevoir une centaine d’entre elles. C’est bien la preuve que l’épidémie s’accroît », indique encore le praticien. Pour l’heure, 25 individus ont d’ores et déjà reçu une dose de vaccination préventive. Un rappel est néanmoins nécessaire au bout de 28 jours.
Qu’en est-il des cas contacts ?
La variole du singe est contagieuse. Elle se transmet par contact physique et peut donc se propager aux personnes non considérées comme étant « à risque ». Quand un individu est positif à cette maladie, il établit auprès des professionnels du CHU, la liste des personnes avec lesquelles il est entré en contact.
« Au CHU d’Angers, nous avons en parallèle de ces créneaux de vaccination, un dispositif pour les cas contacts. Sur rendez-vous, ils peuvent être pris en charge du jour au lendemain et vaccinés en priorité », reprend le spécialiste des maladies infectieuses. « Jusqu’à présent, nous avons immunisé 14 cas contacts dont sept soignants. » Prochainement, une plage de vaccination devrait également être ouverte sur Cholet.