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Soudan : les paramilitaires revendiquent la prise d’une ville frontalière au Tchad... |
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Un village soudanais situé à la frontière tchadienne est tombé aux mains des forces paramilitaires (illustration d’archives). © Luis TATO / AFP
Une commune située près de la frontière tchadienne et auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l’armée régulière, a été prise par les paramilitaires. Une avancée qui intervient alors que la communauté internationale s’inquiète des attaques dont sont victimes nombre de structures médicales.
Les paramilitaires Soudanais ont revendiqué samedi 21 février 2026 la prise de la localité d’Al-Tina, à la frontière avec le Tchad, après s’être emparés en décembre de deux villes voisines.
Elle était auparavant tenue par les Forces conjointes, alliées de l’armée régulière, qui est engagée depuis avril 2023 dans une guerre contre les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).
Les FSR disent avoir « pris le contrôle total de la ville stratégique d’Al-Tina, dans l’État du Darfour-Nord », selon un communiqué publié sur leur chaîne Telegram accompagné d’une vidéo montrant des combattants célébrant cette avancée sous une banderole au nom de la ville.
L’armée n’avait pas réagi dans l’immédiat.
Le gouverneur du Darfour pro armée, Minni Minnawi, a de son côté dénoncé un « comportement criminel répété qui incarne les pires formes d’exactions à l’encontre d’innocents ».
Nombreuses exactions
Les paramilitaires contrôlent la quasi-totalité de la vaste région du Darfour, dans l’Ouest, depuis la prise fin octobre El-Facher, dernier bastion de l’armée.
Cette prise a été marquée, selon de nombreux rapports, par des massacres, viols et enlèvements. Jeudi, la mission indépendante d’établissement des faits de l’ONU sur le Soudan a fait état d’« actes de génocide ».
Les FSR ont mené depuis plusieurs attaques près de la frontière avec le Tchad, faisant deux morts dans les rangs de l’armée tchadienne fin décembre.
La guerre au Soudan a fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déraciné, dans ses heures les plus sombres, 14 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde ».
Attaques contre des structures médicales
Depuis le début de l’année 2026, cinq attaques contre des structures médicales ont déjà été recensées dans le conflit soudanais, a déclaré samedi le responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Les combats qui opposent depuis près de trois ans l’armée régulière aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) ont désarticulé un système de santé déjà fragile : plus d’un tiers des établissements de santé du pays restents non opérationnels.
« Au cours des 50 premiers jours de 2026, cinq attaques contre les services de santé ont déjà été recensées au Soudan, faisant 69 morts et 49 blessés », a écrit le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus sur son compte X.
La dernière en date a visé dimanche l’hôpital Al-Mazmoum dans l’État de Sennar, dans le Sud-Est, et fait trois morts parmi les patients et sept blessés, dont un employé, selon le responsable onusien.
Début février, plus de 30 personnes ont péri lors de trois attaques contre des centres médicaux dans le Kordofan, vaste région au sud de Khartoum devenue ces derniers mois l’un des épicentres des affrontements.
Au total, l’OMS a confirmé au moins 206 attaques contre les centres de santé depuis le début du conflit, entraînant la mort d’environ 2 000 personnes et plusieurs centaines de blessés.
En 2025 seulement, 65 attaques ont fait plus de 1 620 morts, soit 80 % de l’ensemble des décès liés aux attaques visant le secteur médical dans le monde, selon l’OMS.
Près de trois ans de guerre au Soudan ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts, déraciné, dans ses heures les plus sombres, plus de 14 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de « pire crise humanitaire au monde. »
L’OMS s’attend notamment à ce que « 4,2 millions de cas de malnutrition aiguë surviennent au Soudan en 2026, dont plus de 800 000 cas de malnutrition aiguë sévère », avait déclaré mi-février le chef de l’organisation.
Environ 33.7 millions de personnes manqueront d’aide humanitaire au Soudan en 2026 selon l’OMS, tandis que l’ONU a averti en janvier que ses stocks pourraient s’épuiser d’ici à fin mars.