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REPORTAGE. Au Niger, le départ des soldats français du Niger célébré par les partisans de la junte

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photo  des officiers de l’armée nigérienne se mêlent à la prière collective organisée devant la base aérienne de niamey le 22 décembre, quelques heures après le départ des derniers soldats français.  ©  sophie douce /ouest-france 3

Des officiers de l’armée nigérienne se mêlent à la prière collective organisée devant la base aérienne de Niamey le 22 décembre, quelques heures après le départ des derniers soldats français. © Sophie Douce /Ouest-France

Les derniers militaires français déployés au Niger ont quitté le pays vendredi matin, actant le divorce entre Paris et le régime militaire arrivé au pouvoir par un coup d’État à Niamey. Un départ célébré par les partisans de la junte au pouvoir.

L’ambiance est à la fête devant la base aérienne 101 de Niamey. Dans la foule, un groupe de femmes en robe coloré dansent et chantent, un petit balai brandi à la main. « C’est pour chasser les Français ! », glisse l’une d’elles, en riant. C’est désormais chose faite. Vendredi 22 décembre, les derniers soldats tricolores ont foulé le tarmac de l’aéroport puis ont embarqué à bord de deux avions militaires dans la matinée, marquant la fin de la présence militaire française au Niger et d’un long bras de fer entre Paris et la junte au pouvoir.

« Notre détermination a payé »

Après des mois de mobilisation de la rue devant l’entrée de la base aérienne, où stationnait une partie des troupes françaises, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés ce vendredi pour célébrer ce qu’ils considèrent comme leur « victoire ».

« Il y a quelques mois encore on se disait que c’était impossible de les faire partir, mais notre détermination a payé », exulte Djamila Harouna, mobilisée depuis le 2 septembre, jour du lancement d’un « sit-in permanent » par une coalition de la société civile pour obtenir le retrait des 1 500 soldats déployés au Niger dans la lutte anti-djihadiste.

photo les soldats français des dernières troupes au niger sur le départ le 22 décembre, à niamey.  ©  reuters / hamidou moussa

Les soldats français des dernières troupes au Niger sur le départ le 22 décembre, à Niamey. REUTERS / HAMIDOU MOUSSA

Ici, beaucoup ont guetté le ballet des avions et des convois militaires français s’accélérer ces dernières semaines. Il aura fallu trois mois pour évacuer les troupes et les avions de combat. Au total, « 145 vols » et « 15 convois terrestres » ont été effectués, selon l’armée nigérienne. Un défi logistique et sécuritaire de taille, car le fret le plus lourd a dû être acheminé par la route vers le Tchad, soit 1 700 kilomètres de routes et de pistes à travers des zones marécageuses où sévissent des groupes djihadistes. « Aucun incident majeur n’a été enregistré », a indiqué l’armée nigérienne.

photo rassemblement des partisans de la junte devant la base aérienne de niamey pour fêter le départ des soldats français le 22 décembre.  ©  sophie douce / ouest-france

Rassemblement des partisans de la junte devant la base aérienne de Niamey pour fêter le départ des soldats français le 22 décembre. Sophie Douce / Ouest-France

Lire aussi : France, Allemagne, Minusma : les retraits des forces étrangères au Sahel arrivent à leur terme.

« Nous voulons un partenaire fiable et qui nous respecte »

Posté devant la base aérienne, Ismaël Yacouba, un chauffeur de taxi, tenait à voir les derniers convois tricolores partir. Il se dit « soulagé ». Pour lui, la France a « échoué » à endiguer les attaques djihadistes au Sahel. Ses soldats partis, il veut désormais se tourner vers la Russie pour aider son pays. « Les Russes livrent des armes à nos frères du Mali et du Burkina Faso, c’est ça que nous voulons, un partenaire fiable et qui nous respecte ! », clame ce dernier.

Au Mali, les mercenaires russes sont accusés de multiplier les exactions contre les civils. Dans la foule, le drapeau russe s’érige pourtant avec fierté, comme un repoussoir face aux Occidentaux. D’ailleurs pour Issa Hassoumi Boureima, à la tête d’un comité de soutien au Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le nom de la junte militaire au pouvoir, le combat doit « continuer ». « Il reste les Américains, les Allemands, nous ne voulons plus de forces étrangères dans notre pays », rétorque-t-il.

 
À Niamey, Sophie DOUCE.    Ouest-France  

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