|
Présenté à Segré, le budget d’Anjou Bleu communauté va vers l’instauration d’un impôt foncier... |
1
Vice-présidente en charge des finances, Geneviève Coquereau a proposé qu’une taxe foncière sur le bâti soit instaurée. Le vote aura lieu lors d’un prochain conseil d’Anjou Bleu communauté, le mardi 22 mars. © Ouest-France
Présenté mardi 8 février à Segré, commune déléguée de Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire), le débat d’orientations budgétaires d’Anjou Bleu communauté a mis en avant une situation financière se dégradant considérablement. Une taxe sur le foncier bâti devrait voir le jour.
Mardi 8 février, à Segré, commune déléguée de Segré-en-Anjou Bleu (Maine-et-Loire), le conseil d’Anjou Bleu communauté (ABC) était notamment consacré au débat d’orientations budgétaires (DOB). Et à l’évocation de la prospective financière, le ton de Geneviève Coquereau est devenu un peu plus grave. La vice-présidente en charge des finances a même tiré la sonnette d’alarme.
« Soit on arrête tout… »
« C’est au niveau de notre épargne nette (c’est-à-dire la capacité d’autofinancement de la collectivité) que le bât blesse, puisqu’elle passe dans le négatif . » Affichant moins 294 678 €.
Quant à la capacité de désendettement, elle est mise à mal passant de 9,5 années en 2021 à 64,17 années en 2022 ! Très nettement au-dessus du seuil d’alerte fixé à 12 ans. « Ça fait très mal, tonne Geneviève Coquereau. On ne peut pas laisser faire ça. Pour y remédier, la solution, ce serait plus du tout d’investissements ? Ce n’est pas possible. Il faut trouver une solution : soit on arrête tout, soit on mobilise le levier de la fiscalité. »
Objectif : récupérer 600 000 €
C’est donc du côté de la taxe foncière sur le bâti, jusqu’ici à zéro, qu’ABC veut se tourner. « En mobilisant deux points, cela permettrait de récupérer 600 000 €. » Et de ramener la capacité de désendettement à 6,6 années pour 2022.
Interrogée par Anne Danjou sur ce que cela représenterait concrètement « sur le porte-monnaie du citoyen », Geneviève Coquereau a donné un exemple après avoir rappelé que cela dépendait de la base fiscale de la commune. Pour Segré, « qui est une référence haute », l’impôt foncier d’un propriétaire sur une base de 2 000 s’élèverait à 22 € au niveau de la commune et à 40 € pour l’intercommunalité, soit un total de 62 €.
« Il faut être précautionneux »
« Si on est amené à faire cette proposition, c’est que l’on a des incertitudes fiscales énormes, a conclu la vice-présidente en charge des finances. Pour ABC, c’est le cas au travers de l’impôt économique basé sur l’activité des entreprises mais pas que. Il y a aussi la loi des finances qui peut évoluer. Si on n’est pas a minima prévoyant, on part sur des projets que l’on ne finit pas. Je pense qu’il faut être précautionneux, pour pouvoir répondre aux besoins de notre population (37 000 habitants). On a des équipements structurants, donc de l’entretien. »
Parallèlement, Geneviève Coquereau n’exclut pas que le plan pluriannuel d’investissement (PPI) connaisse des retouches. Le budget général sur la période 2022-2025 a été établi à 5,9 millions d’euros (4,4 millions à charge d’ABC) dont quelque 1,8 million pour 2022. Le budget d’industrie s’élève, lui, à 5,5 millions (un peu plus 2 millions à charge d’ABC) dont 1,9 pour 2022.
Le vote du budget aura lieu lors du prochain conseil communautaire, le mardi 22 mars.
Quels seront les principaux investissements sur la période 2022-2025 ?
Parmi les quelque 5,9 millions d’euros inscrits au budget général, figurent notamment l’aménagement de trois voies vertes (Segré – Le Lion-d’Angers, Candé – Saint-Mars-la-Jaille et Segré – Candé) à hauteur de 1,648 million ; des travaux de voirie dans les zones d’activité (1,1 million d’€) ; la réalisation des locaux abritant les services d’ABC au sein du pôle tertiaire sur l’ancien site de Spie – Juret à Segré (1 million d’€) ; une avance d’un million d’euros à Alter dans la zone de l’Ebeaupinière ; l’élaboration du plan local d’urbanisme intercommunal (330 000 €) ; ou encore l’acquisition de 20 nouveaux vélos à assistance électrique (140 000 €).
Côté budget industrie, près de 3 millions sont prévus pour le pôle tertiaire et 2,44 millions pour la réalisation de 9 bâtiments relais.