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Près de Segré, le lavoir Saint-Hélier résiste au temps qui passe... |
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Les toitures du lavoir dit en « impluvium » permettaient de récupérer l’eau de pluie qui s’ajoutait à la source intarissable. Les selles des lavandières existent toujours. © Ouest-France
Le lavoir de Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire) existe depuis 1865. En plus d’un siècle et demi, il a fait le bonheur de nombreuses lavandières du village.
Après le château, l’étang et son camping, un autre lieu à Challain-la-Potherie (Maine-et-Loire) mérite le détour. C’est le lavoir de Saint-Hélier situé sur la route dite de la Fontaine (route de La Chapelle-Glain). Un très beau lavoir existe toujours, même si aujourd’hui les lavandières ont disparu. À l’entrée de ce lavoir, une statue est érigée. La légende est résumée sur un panneau.
La légende raconte qu’autrefois, alors qu’une terrible sécheresse régnait sur la région, une femme était venue ici pour remplir sa cruche d’eau. Elle a dû se rendre à l’évidence, la mare était desséchée.
Son secours elle va le trouver dans le passage d’un homme à cheval. Elle expliqua au cavalier qu’elle cherchait de l’eau, justifiant qu’il n’y en avait nulle part. Retournez à la fontaine, vous serez satisfaite
, lui répondit le cavalier. On raconte que le cavalier fit jaillir du sabot du cheval une source qui depuis ne s’est jamais tarie.
Aujourd’hui, le visiteur peut constater que de l’eau coule encore dans le lavoir. La femme apprit que le cavalier se nommait Saint-Hélier.
Lavoir à impluvium
Le lavoir date de 1865. C’est le duc Albert De la Rochefoucault Bayer. Le lavoir restera un temps exclusivement privé. C’est un lavoir dit lavoir à impluvium. L’impluvium est un système de captage et de stockage des eaux de pluie. L’eau tombe sur le dessus du lavoir, et glisse le long des ardoises qui forment une sorte d’entonnoir, pour tomber dans le bassin central. Sa forme rectangulaire permettait aux lavandières d’être protégée du froid et du vent.
À l’époque romaine, ce type de bassin qui récupère l’eau de pluie existait déjà, ils étaient le plus souvent rectangulaires.
30 ans plus tard, les gens du village eurent le droit d’y accéder pour laver leur linge.
Des cheminées pour faire bouillir l’eau
Il est dit qu’au lendemain de la guerre 1914-1918, l’activité du lavoir était intense, le travail pénible. On va faciliter le travail des lavandières en installant des selles, sorte de plots en ciment assurant une posture debout moins fatigante. Des traverses en bois furent installées. Il en reste toujours aujourd’hui. Au fond, deux cheminées permettaient de faire bouillir l’eau. En 1925, six à huit lavandières travaillaient du lundi au vendredi ; le samedi, le lavoir était fermé et réservé au nettoyage et à la désinfection.
L’apparition de la machine à laver après le second conflit mondial va mettre un terme à cette pratique.
Saint-Hélier, dans sa niche en tuffeau, veille toujours au lieu.