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Pourquoi change-t-on encore d’heure ce week-end ?... |
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Il vous faudra avancer les aiguilles de votre montre ce week-end (photo d’illustration). © Archives PO - Nathalie Bourreau
Dans la nuit de samedi 28 à dimanche 29 mars, nous perdrons une heure. Un changement auquel la majorité des Européens et Européennes ont dit souhaiter mettre fin. Mais pourquoi continue-t-on à bouger nos aiguilles deux fois par an ? Le Courrier de l’Ouest vous répond.
Non, ni votre four ni votre micro-ondes n’auront eu un bug dimanche. Dans la nuit de samedi 28 à dimanche 29 mars 2026, les horloges devront être avancées d’une heure. Concrètement, à 2 heures du matin, il sera 3 heures. Pour ceux et celles du fond, oui, ça fait 60 minutes de sommeil en moins. En octobre, c’est l’inverse, on recule les aiguilles. Mais pourquoi change-t-on encore d’heure au juste ?
Le Courrier de l’Ouest vous répond :
De quand date le changement d’heure ?
Le changement d’heure ne date pas d’hier. L’idée est évoquée pour la première fois le 16 avril 1784. L’inventeur, naturaliste, écrivain Benjamin Franklin calcule dans une publication du Journal de Paris que les 100 000 habitants (!) de Paris économiseraient collectivement l’équivalent de 96 075 000 livres tournois (une ancienne monnaie française), soit 64 050 000 livres de cire, s’ils s’éclairaient par les rayons du soleil et non plus par les bougies.
Le changement d’heure est voté en France en 1917 (un an après l’Allemagne et le Royaume-Uni, un an avant les États-Unis) pour économiser des ressources énergétiques comme le charbon.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la France occupée adopte « l’heure allemande ». À la Libération, la France adopte l’heure d’hiver de l’Europe centrale toute l’année.
Un décret du 19 septembre 1975 réintroduit une heure d’été en France pour réduire les temps d’éclairage artificiel le soir afin de faire face au choc pétrolier de 1973. Une mesure qui devait être provisoire… et est toujours en vigueur. L’heure estivale a été progressivement généralisée dans l’Union européenne dans les années 1980 et harmonisée en 2001.

83,71 % des plus de 2 000 000 de répondant(e)s à une consultation en ligne voulaient abolir le changement d’heure (photo d’illustration). Archives ML - Denis Lambert
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Malgré la consultation, pas de changement ?
À l’hiver 2019, la Commission des Affaires européennes a lancé une consultation citoyenne en ligne interrogeant les Européens et Européennes sur leur souhait ou non de voir le changement d’heure aboli et leur préférence entre l’heure d’hiver et celle d’été. Sur les 2 103 999 répondant(e)s, 83,71 % voulaient y mettre fin et si c’était bel et bien le cas, 59,17 % voulaient conserver l’heure d’été toute l’année.
Pourquoi alors doit-on encore changer les réglages de nos fours, et pour les irréductibles qui en utilisent toujours le matin, de nos réveils ? Le Parlement européen avait voté la suppression du changement d’heure en 2019 mais la crise sanitaire du Covid-19 a reporté sa mise en application.
Dans son programme de travail, publié en février dernier, la Commission européenne a annoncé la reprise de sa directive en 2025.
Rappelons que selon des travaux de chercheurs repris par la Commission européenne en 2017, le changement d’heure permet d’économiser entre 0,5 et 2,5 % de la consommation totale, selon les pays. Ceux au sud du continent en bénéficieraient davantage.
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