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Polémique après l’annonce de Shein d’ouvrir six boutiques en France... |
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La première boutique Shein ouvrira début novembre au 6ème étage du BHV Marais à Paris. © AFP
La plateforme de fast fashion chinoise annonce l’ouverture de ses tout premiers magasins physiques et pérennes en France. La première ouverture étant prévue en novembre au BHV à Paris. Cinq suivront dans des Galeries Lafayette.
En pleine Fashion Week parisienne, la plateforme asiatique Shein annonce choisir la France pour ouvrir ses premiers magasins physiques pérennes. Une première mondiale et un « engagement pour revitaliser les centres-villes », affirme l’entreprise régulièrement accusée de concurrence déloyale car inondant le marché de produits d’habillement discount vendus en ligne. En effet, six boutiques sont prévues, d’abord au sein du BHV Marais à Paris puis cinq autres « progressivement » dans des Galeries Lafayette à Dijon, Reims, Grenoble, Angers et Limoges, selon un communiqué publié mercredi 1er octobre. C’était sans compter la réponse des Galeries Lafayette qui ont commenté « refuser l’installation » de Shein dans ses magasins franchisés en province. La première boutique physique et pérenne Shein ouvrira début novembre au 6ème étage du BHV.
Alliance
Pour ce faire, la plateforme Shein s’est alliée avec la Société des Grands Magasins (SGM), une foncière commerciale qui détient et exploite notamment le BHV Marais et des magasins Galeries Lafayette. « Cette alliance est plus qu’un simple lancement - c’est un engagement pour revitaliser les centres-villes partout en France, restaurer les grands magasins et développer des opportunités pour le prêt-à -porter français », avance Shein, toujours au sein du communiqué, promettant « la création de 200 emplois directs et indirects en France au sein de SGM. »Â
La Fédération Nationale de l’Habillement (FNH) n’a pas tardé à rebondir sur cette annonce via un communiqué pour exprimer « sa profonde désapprobation. Après Pimkie, ce sont désormais le BHV, véritable institution parisienne depuis 1860 et les Galeries Lafayette en province, qui se tournent vers l’ultra fast-fashion, confirmant ainsi un manque d’imagination et de professionnalisme alarmant : ces enseignes, qui ont par le passé, tant contribué au rayonnement et à la créativité de la France, choisissent aujourd’hui de s’associer à ce qu’il y a de plus contestable dans le secteur de la mode. » Une ligne de conduite que la FNH tient puisqu’en septembre dernier, elle dénonçait le partenariat entre Shein et l’enseigne de prêt-à -porter française Pimkie pour relancer ses activités digitales.
Collection d’amendes
Cette annonce arrive alors que le géant chinois est au cœur de plusieurs polémiques en France. En plus de la loi anti fast fashion votée en juin 2025 qui vise clairement la plateforme de vêtements à bas prix, Shein recevait en juillet de cette même année une amende record de 40 millions d’euros pour « pratiques commerciales trompeuses à l’égard des consommateurs sur la réalité des réductions de prix accordées » de la part de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Le 3 septembre 2025, elle a écopé aux côtés de Google, d’une amende – également record – de 150 millions d’euros de la part de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. La Cnil lui reprochait de ne pas avoir respecté la législation sur les cookies.
Et à l’international, la plateforme n’est pas en reste. Après deux ans d’enquête, l’OCDE rendait quelques jours plus tôt ses conclusions sur Shein et juge que la plateforme ne répond pas à ses principes directeurs en matières de droits sociaux et d’objectifs environnementaux.