Accueil Info Info en continu Municipales à Nantes. Après la laborieuse victoire de Johanna Rolland, les langues se délient dans son propre camp

Municipales à Nantes. Après la laborieuse victoire de Johanna Rolland, les langues se délient dans son propre camp

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photo  johanna rolland, maire ps de nantes, a été réélue sur le fil, dimanche soir. le fruit du hasard ? non, selon des membres de son équipe.  ©  franck dubray / ouest france 1

Johanna Rolland, maire PS de Nantes, a été réélue sur le fil, dimanche soir. Le fruit du hasard ? Non, selon des membres de son équipe. © Franck Dubray / Ouest France

La maire socialiste sortante de Nantes a senti le vent du boulet, dimanche 22 mars, au second tour de l’élection. Alors même que, quelques mois auparavant, certains la voyaient gagner dès le premier tour. Explications.

Qui l’aurait cru ? Qui aurait cru des cris de joie, des larmes de bonheur, des étreintes émouvantes pour seules 5 411 petites voix d’avance ? Qui aurait cru, voilà un mois, même trois semaines, que Johanna Rolland et les siens se congratuleraient pour une victoire sur le fil, comme un bachelier promis à une mention très bien, et qui décroche son bac au rattrapage ?

Mais, quand on sent le vent du boulet, quand on craint d’être marqué du fer rouge pour dilapidation d’héritage socialiste, quand on touche de si près la traversée du désert politique, même une petite victoire, à l’arrache, dans les arrêts de jeu, ça se fête. Tant ça soulage. Foulques Chombart de Lauwe, leur adversaire de droite, est bien battu, ce dimanche soir.

En ce soir de second tour, Johanna Rolland, la maire sortante socialiste réélue, ne le dit pas, ou plutôt autrement, mais elle pourrait paraphraser Nicolas Sarkozy : son équipe et elle-même, sont allées chercher les voix, la moindre voix, avec les dents, durant cet entre-deux-tours. Une à une, de cage d’escalier, où l’on ne vote pas ou plus, en salons feutrés où le cœur balance plutôt du côté de Cazeneuve que Mélenchon. Il suffit d’écouter Aicha Bassal, originaire de Malakoff, femme de l’ombre mais déjà pilier de la majorité, promise à une place de numéro 10 dans la future équipe : « On n’a pas arrêté, du matin au soir. Je suis claquée, mais si heureuse ».

« En face on avait des rock stars de la com, et on a fait une campagne de hippies »

Dimanche soir, tout en goûtant la victoire dont ils tentaient d’oublier l’amertume, les chuchotements perlés de critiques circulaient à bon train sur le ton de la confidence. « En face, on avait des rock stars de la com, et, nous, on a fait une campagne de hippies », pestait encore un colistier. Une autre, qui admet la caricature de son propos : « On ne gagne pas une élection en promettant de se baigner dans l’Erdre. » Un autre encore, qui appuie plus fort : « Distribuer des tracts où l’on ne parle quasi que d’écologie à Malakoff ou la Contrie, c’est une dinguerie, un truc de bobos déconnectés ! Pendant ce temps-là, notre adversaire ciblait par quartier. Il a, par exemple, distribué tout un document pour les habitants des voies privées. »

Et la litanie des reproches continue. « On a parlé d’économie ? Non. Comme si c’était un gros mot », affirme un futur élu de la majorité, tout en précisant : « C’est clair que notre adversaire ne nous y a pas aidés. Car, en dehors de vagues propositions, son programme était au mieux superficiel, au pire illusoire. » L’un de ses collègues maugrée : « On a abandonné les électeurs centristes, qui votaient pour nous. Ils ont préféré Mounir Belhamiti. Près de 10 000 voix perdues au premier tour. »

On coupe notre interlocuteur en lui glissant que, dans l’électorat du candidat de l’ancien député macroniste, certains étaient sans doute trop à droite pour voter Johanna Rolland ? « Certes. Mais c’était justement le tour de force de Jean-Marc Ayrault (N.D.L.R. : maire PS de Nantes de 1989 à 2012) de les séduire. C’est clair que, cette fois, ils ne risquaient pas de voter pour nous… »

« Comment répondre, en même temps, aux aspirations des gens du centre gauche et de ceux de LFI ? », s’interroge un membre de l’équipe, ouvrant, selon ses termes, « une question abyssale ». Et d’ajouter : « Il fallait bien parler aux 11 % d’électeurs de LFI du premier, sans compter les presque 6 % de la gauche radicale de Margot Medkour ». Une quadrature du cercle ? Cet élu ne veut pas le croire mais, reconnaît qu’il n’a pas la réponse. Et une figure de la majorité, qui exècre les mélenchonistes, d’enchaîner : « Ma fille, qui vote LFI, ne comprend même pas que ce soit un sujet de polémique qu’on s’allie aux Insoumis ».

« Elle s’est abîmée au sein des instances nationales du PS »

Ronan Dantec, vieux de la vieille de la politique nantaise, sénateur et élu municipal, grimace. Lui, ce qui le désole, c’est la Nantes des pavillons qui a préféré Foulques Chombart de Lauwe à Johanna Rolland. Il en veut pour preuve « son » bureau, le 741, du côté de la route de Paris. « C’était un électorat historiquement acquis à la gauche. Dimanche, la droite y a été majoritaire. » Un résultat qui le déçoit d’autant plus qu’il a publié un manifeste, fin 2025, dont l’objectif est justement de reconquérir les classes moyennes et populaires. « Nous avons trop fait de la maison individuelle et des deux bagnoles par ménage le symbole du désastre écologique ! », répète-t-il.

Au-delà de toutes ces considérations politiques, il y eut aussi tous ces travaux de voirie qui ont eu « des conséquences sur la vie quotidienne », selon plusieurs membres de la majorité. Et pour tous, le « Nantes bashing », pour reprendre le terme de Johanna Rolland, entretenu tout au long de la campagne par Foulques Chombart de Lauwe.

À mots couverts, d’autres attribuent également cette courte victoire, et surtout le faible score de Johanna Rolland au premier tour, à ses fonctions au sein du « panier de crabes des instances nationales du PS ». « Elle s’y est malheureusement abîmée », veulent croire plusieurs militants et sympathisants de gauche. Pascal Bolo, ancien adjoint PS de la maire, avait livré cette formule vacharde à Ouest-France, un jour d’agacement : « Quand Jean-Marc Ayrault était à Paris, il pensait à Nantes. Quand Johanna Rolland est à Nantes, elle pense à Paris. »

Ce lendemain de second tour, il ne corrige pas mais explique : « Jean-Marc Ayrault était certes président du groupe PS à l’Assemblée nationale, mais il n’apparaissait pas comme la propriété d’un appareil politique. Ce qui n’est pas le cas de Johanna. Elle est numéro 2 du PS, et circonstances aggravantes selon moi, adjointe d’Olivier Faure. » Il tempère : « C’est normal que le maire de Nantes soit une personnalité politique nationale, vu le poids de notre ville. Et elle ne tient pas ce rôle pour des raisons carriériste, même s’il y a sans doute une forme d’ambition. Mais parce qu’elle veut participer à la recomposition de la gauche sur le plan national. »

Depuis le soir du premier tour, qui pouvait annoncer des lendemains crépusculaires, Johanna Rolland s’est détachée des « leçons de Paris ». Et ces mois prochains ? Dans tous les cas, elle sait qu’elle devra analyser ce dernier scrutin pour corriger le tir. Elle sait tout autant que les Tontons flingueurs, à l’image de ceux sous lesquels elle posait lors de sa conférence de presse d’entre-deux-tours dans une brasserie nantaise, l’attendent au tournant.

 
Jean-François Martin    Ouest-France  

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