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MUNICIPALES 2026 : À Pau, François Bayrou joue gros en visant un troisième mandat de maire... |
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François Bayrou est âgé de 74 ans. © ERIC FEFERBERG / AFP
L’ancien Premier ministre et patron du MoDem est attaqué à gauche, mais aussi par deux anciens proches et par le RN. Son séjour à Matignon pourrait jouer en sa défaveur… Mais pas forcément le dossier Bétharram.
La passe de trois ou l’année noire ? Cinq mois après avoir quitté Matignon, mis en minorité à l’Assemblée, François Bayrou part en quête d’un troisième mandat de maire de Pau (80 000 habitants, Pyrénées-Atlantiques). Officiellement en campagne depuis quinze jours, il se dit confiant sur l’issue du scrutin des 15 et 22 mars. Il ne pense qu’à ça. Et s’est donné pour consigne de ne parler que de sa ville et pas du pays. Même si le budget 2026 et « les cadeaux faits aux socialistes » le mettent hors de lui…
Forte concurrence
« Fier » d’avoir pu tenir les engagements pris en 2014 et 2020 - « et même au-delà  », insiste-t-il - le patron du MoDem (74 ans) ne comprendrait donc pas que les Palois ne lui fassent pas confiance à nouveau. Pour ce futur sixtennat, il promet de verdir encore plus la ville, qu’il juge « de plus en plus attractive » ; d’y améliorer le stationnement ; ou encore de moderniser le stade de rugby, l’antre de la Section paloise, actuellement deuxième du Top 14.
Suffisant pour une réélection dans un fauteuil ? Non. Jérôme Marbot (PS), qui était déjà son principal adversaire en 2020 avec 44,5% des voix au second tour, est convaincu de pouvoir le détrôner, ayant réussi à sceller une union à gauche, hors LFI. François Bayrou est aussi concurrencé par deux anciens proches, à la tête de listes sans étiquette. Le maire sortant aura également face à lui une jeune candidate du Rassemblement national. Un parti, longtemps inexistant localement, qui a beaucoup progressé en juin 2024 lors des législatives anticipées.
Bétharram ?
L’ex-Premier ministre est attaqué sur son bilan, l’usure du temps et « sa pratique verticale du pouvoir ». Ses neuf mois à la tête du gouvernement pourraient aussi peser lourd. Sa volonté (initiale) de supprimer deux jours fériés reste toujours en travers de la gorge de certains électeurs, lui reprochant, en outre, d’avoir délaissé Pau au profit de la rue de Varenne. Et Bétharram ? Cet établissement privé à 30 km de Pau, où les sévices physiques et sexuels se sont multipliés sur les élèves durant des années, n’est pas au cœur de la campagne. En niant avoir eu connaissance de ces abus, François Bayrou n’avait pas convaincu.
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