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Mouvement du 10 septembre : à quoi faut-il s’attendre en Maine-et-Loire ce mercredi... |
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Le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre 2025 se concrétisera par un rassemblement à 10 h 30, place Leclerc à Angers (photo d’illustration). © Guillaume Saligot / Ouest-France
Ce mercredi 10 septembre 2025, le mouvement né sur les réseaux sociaux appelant à un blocage du pays devrait s’ancrer dans la réalité. Qu’en est-il en Maine-et-Loire ?
Ce mercredi 10 septembre 2025, le mouvement « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux – d’abord dans une démarche de boycott puis pour contester le plan d’économie de près de 44 milliards d’euros du gouvernement Bayrou – promet un blocage du pays mâtiné de rassemblements et de manifestations partout en France. Qu’en est-il en Maine-et-Loire ?
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Quelle est la situation en Maine-et-Loire ?
Comme partout ailleurs, on se prépare… Militantes et militants de la première heure – syndicaux ou Gilets jaunes – ou novices en la matière, tout le monde fourbit ses armes. Des banderoles ont déjà été apposées, ici et là , notamment au-dessus de l’A11, à hauteur de Verrières-en-Anjou.
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Sur le terrain du concret, un rassemblement est d’ores et déjà prévu à Angers à partir de 6 h 30, sur les parkings Saint-Serge et de l’Espace Anjou. L’ambition : agréger un maximum de personnes. Pour le reste, peu d’événements véritablement cadrés et encadrés émergent. Certains organismes appellent à une autre manifestation, à 14 h devant le CHU. Il est donc probable, faute d’organisateur clairement identifié, d’assister à une myriade d’opérations spontanées.
Comment se positionnent les syndicats ?
« L’union locale d’Angers appelle à la mobilisation le 10, confirme Gilles Mapelli, secrétaire de l’union locale CGT. Nous avons beaucoup été sollicités en ce sens au retour des congés. On sent qu’il y a un vrai ras-le-bol ; du gouvernement, du budget… Il y a la mobilisation syndicale du 18 septembre, mais on se devait de rallier le mouvement du 10 septembre. »

L’union locale CGT d’Angers appelle à la mobilisation ce mercredi 10 septembre. Ouest-France
Pour lui, si le mouvement contre la réforme des retraites a échoué malgré la forte mobilisation, c’est parce qu’il faut aller plus loin que la rue. « Il faut peser sur l’économie. Faire grève. Il faut se demander si l’on est prêt, tous ensemble, à se serrer un peu la ceinture pour arriver à quelque chose. »
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Du côté du Choletais, Thibaud Maurille, responsable de l’union locale CGT, se montre plus circonspect. Ou prudent, à tout le moins. « Est-ce qu’il y aura mobilisation ? Sans doute. Est-ce qu’elle sera visible ? J’en doute. On n’entend pas beaucoup parler d’endroits pour se réunir, pour que les gens puissent échanger, puissent exprimer leur mécontentement. »
Si l’appel au blocage n’émane pas des organisations syndicales, l’union départementale Force ouvrière (UDFO) en appelle, quant à elle, à la mobilisation des salariés dans les entreprises pour, notamment, décider de cesser le travail. Le bureau de l’UD mettra également à disposition du matériel « concernant le budget de guerre sociale de Bayrou », ainsi qu’un mémento sur l’art de la grève…
La grève, justement : où en est-on ?
Au-delà des réunions et des assemblées générales au sein des entreprises pour préparer les blocages qui, en vérité, ne seront concrétisés que le jour J, l’intersyndicale FO, Sud, CGT et CFDT du CHU d’Angers a déjà appelé à la mobilisation à partir du 10 septembre. Mot d’ordre : « Tout bloquer pour stopper les mesures Bayrou. »
Cette même intersyndicale a également enjoint les agentes et les agents de la Ville et de l’Agglo d’Angers à cesser le travail en déposant un préavis courant… jusqu’au 30 septembre.
Qu’en pensent les patrons ?
Régis Rousseau, le président du Medef Anjou, déclarait dans nos colonnes « comprendre l’exaspération d’une partie de la population ». Pour autant, il ne cache pas son inquiétude. « Ce qui me dérangerait, c’est qu’on rajoute du blocage au blocage. L’économie commence à se gripper et si, derrière, on ne peut plus travailler, on se tire une balle dans le pied. »

Régis Rousseau, président du Medef Anjou : « On se tire une balle dans le pied. » Archives Ouest-France
De son côté, Stéphane Brossard, à la tête du Medef du Choletais, estime la grogne « légitime » . Avant d’ajouter : « Que ce soit les salariés, les chefs d’entreprise, les syndicats de salariés et les syndicats patronaux, on fait tous le même constat : on a des dirigeants politiques qui, aujourd’hui, n’arrivent pas à s’entendre et à construire quelque chose de durable dans le temps. »

Stéphane Brossard, président du Medef du Choletais : « Je ne suis pas sûr que ce mouvement prenne beaucoup parmi nos salariés. » Archives Ouest-France
Mais le patron, à la tête de deux entreprises (SN Alugo à Cholet et SDEI à Mazières-en-Mauges) se montre sceptique sur la mobilisation locale : « On a l’avantage d’être dans un secteur qui est encore très dynamique – même si ça vit un peu au ralenti – et on a des ouvriers qui sont toujours engagés et impliqués dans les entreprises. Je ne suis pas sûr que ce mouvement prenne beaucoup parmi nos salariés du secteur choletais. »