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Licenciée parce qu’elle arrivait trop souvent en avance au travail, elle conteste… et perd en justice

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photo  la salariée avait pris la mauvaise habitude de prendre son poste avec 30 à 40 minutes d’avance sur l’horaire fixé par son contrat de travail.  ©  photo d’illustration : jeppe gustafsson//sipa 1

La salariée avait pris la mauvaise habitude de prendre son poste avec 30 à 40 minutes d’avance sur l’horaire fixé par son contrat de travail. © Photo d’illustration : Jeppe Gustafsson//SIPA

Une employée d’une entreprise de livraison d’Alicante (Espagne) a été licenciée sans indemnités pour un motif qui peut surprendre : elle avait pris l’habitude d’arriver au travail avec 30 à 45 minutes d’avance sur l’horaire fixé par son contrat. La justice vient de conforter l’employeur, estimant que la salariée avait commis une « faute grave » en ne tenant pas compte des consignes de sa hiérarchie.

S’il est admis que des retards répétés au travail peuvent justifier un licenciement, la réciproque paraît nettement moins évidente… Pourtant, le tribunal social d’Alicante vient de confirmer le licenciement sans indemnités, d’une salariée qui avait pris la mauvaise habitude de se présenter au travail avec 30 à 40 minutes d’avance sur l’horaire théorique.

Avertissements répétés

La première mise en garde remonte à la fin de l’année 2023, rapporte le quotidien local Información. Après plusieurs remarques verbales, l’employée d’une société de livraison s’était vue notifier par écrit qu’elle ne devait pas embaucher avant 7 h 30 du matin. Elle n’avait pas tenu compte de ces consignes pourtant répétées, et avait fini par être licenciée pour faute grave.

Pour appuyer sa décision, l’employeur avait fait valoir qu’en arrivant si tôt au boulot, sa collaboratrice – dont le travail dépendait d’autres salariés – n’avait aucune tâche à effectuer. Elle se retrouvait seule, et n’apportait aucune contribution à l’entreprise.

Le juge du tribunal d’Alicante a reconnu que ces horaires de travail unilatéralement aménagés avaient fini par porter préjudice à l’entreprise. La plaignante a argué que son arrivée matinale au travail était due à « une grande charge de travail », sans toutefois pouvoir en apporter la preuve.

« La conduite de la travailleuse a eu un impact sur la relation de confiance et de loyauté, qui est considérablement affectée, car malgré les avertissements de l’entreprise […] la plaignante a insisté pour entrer prématurément », a estimé le tribunal.

Désobéissance coupable

En plus de son arrivée précoce au travail, l’intéressée avait également utilisé à plusieurs reprises et « de manière frauduleuse », sa signature électronique pour pointer à distance, alors même qu’elle avait déjà quitté son poste depuis plusieurs minutes.

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« En définitive, il est considéré que les comportements reprochés à la travailleuse […] revêtent la gravité et l’importance suffisantes pour constituer les fautes très graves de déloyauté, d’abus de confiance et de désobéissance, qui justifient l’extinction de la relation de travail », a fait valoir le tribunal. Le licenciement de la salariée est donc désormais définitif.

 
Samuel Grée    Ouest-France  

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